Relato
Si contemplan la pampa y sus rincones
verán las sequedades del silencio,
el suelo sin milagro y Oficinas vacías,
como el último desierto.
Y si observan la pampa y la imaginan
en tiempos de la Industria del Salitre
verán a la mujer y al fogón mustio,
al obrero sin cara, al niño triste.
También verán la choza mortecina,
la vela que alumbraba su carencia,
algunas calaminas por paredes
y por lecho, los sacos y la tierra.
También verán castigos humillantes,
un cepo en que fijaban al obrero
por días y por días contra el sol;
no importa si al final se iba muriendo.
La culpa del obrero, muchas veces,
era el dolor altivo que mostraba.
Rebelión impotente, ¡una insolencia!
La ley del patrón rico es ley sagrada.
También verán el pago que les daban.
Dinero no veían, sólo fichas;
una por cada día trabajado,
y aquélla era cambiada por comida.
¡Cuidado con comprar en otras partes!
De ninguna manera se podía
aunque las cosas fuesen más baratas.
Lo había prohibido la Oficina.
El poder comprador de aquella ficha
había ido bajando con el tiempo
pero el mismo jornal seguían pagando.
Ni por nada del mundo un aumento.
Si contemplan la pampa y sus rincones
verán las sequedades del silencio.
Y si observan la pampa cómo fuera
sentirán, destrozados, los lamentos.
Récit
Si vous contemplez la pampa et ses recoins
vous verrez les sécheresses du silence,
le sol sans miracle et des bureaux vides,
comme le dernier désert.
Et si vous observez la pampa et l'imaginez
à l'époque de l'Industrie du Salitre
vous verrez la femme et le foyer éteint,
l'ouvrier sans visage, l'enfant triste.
Vous verrez aussi la cabane mourante,
la bougie qui éclairait son manque,
quelques tôles pour murs
et pour lit, des sacs et de la terre.
Vous verrez aussi des châtiments humiliants,
un piège où l'ouvrier était fixé
pendant des jours et des jours au soleil ;
peu importe s'il finissait par mourir.
La faute de l'ouvrier, souvent,
était la douleur hautaine qu'il montrait.
Rébellion impuissante, quelle insolence !
La loi du patron riche est une loi sacrée.
Vous verrez aussi le paiement qu'ils recevaient.
De l'argent, ils n'en voyaient pas, juste des jetons ;
un pour chaque jour travaillé,
et celui-ci était échangé contre de la nourriture.
Attention à acheter ailleurs !
En aucun cas, c'était possible
même si les choses étaient moins chères.
C'était interdit par le Bureau.
Le pouvoir d'achat de ce jeton
avait diminué avec le temps
mais le même salaire continuaient à payer.
Pas question d'augmentation, même pour rien au monde.
Si vous contemplez la pampa et ses recoins
vous verrez les sécheresses du silence.
Et si vous observez la pampa comme elle était
vous sentirez, dévastés, les lamentations.