Relato V
Nadie diga palabra
que llegará
un noble militar,
un General.
Él sabrá cómo hablarles,
con el cuidado
que trata el caballero
a sus lacayos.
El General ya llega
con mucho boato
y muy bien precavido
con sus soldados.
Las ametralladoras
están dispuestas
y estratégicamente
rodean la escuela.
Desde un balcón les habla
con dignidad.
Esto es lo que les dice
el General
«Que no sirve de nada
tanta comedia.
Que dejen de inventar
tanta miseria.
Que no entienden deberes
son ignorantes.
Que perturban el orden,
que son maleantes.
Que están contra el país,
que son traidores.
Que roban a la patria,
que son ladrones.
Que han violado a mujeres,
que son indignos.
Que han matado a soldados,
son asesinos.
Que es mejor que se vayan
sin protestar
Que aunque pidan y pidan
nada obtendrán.
Vayan saliendo entonces
de ese lugar,
que si no acatan órdenes
lo sentirán».
Desde la escuela, «El Rucio»,
obrero ardiente,
responde sin vacilar
con voz valiente,
«Usted, señor General
no nos entiende.
Seguiremos esperando,
así nos cueste.
Ya no somos animales,
ya no rebaños,
levantaremos la mano,
el puño en alto.
Vamos a dar nuevas fuerzas
con nuestro ejemplo
Y el futuro lo sabrá,
se lo prometo.
Y si quiere amenazar
aquí estoy yo.
Dispárele a este obrero
al corazón».
El General que lo escucha
no ha vacilado,
con rabia y gesto altanero
le ha disparado,
y el primer disparo es orden
para matanza
y así comienza el infierno
con las descargas.
Récit V
Personne ne dise un mot
car il va arriver
un noble militaire,
un Général.
Il saura comment leur parler,
avec le soin
qu'un chevalier traite
ses valets.
Le Général arrive déjà
avec grand cérémonial
et bien préparé
avec ses soldats.
Les mitrailleuses
sont prêtes
et stratégiquement
entourent l'école.
Depuis un balcon il leur parle
avec dignité.
Voici ce que dit
le Général :
« Ça ne sert à rien
tant de comédie.
Qu'ils arrêtent d'inventer
tant de misère.
Qu'ils ne comprennent pas leurs devoirs,
ce sont des ignorants.
Qu'ils troublent l'ordre,
ce sont des malfrats.
Qu'ils sont contre le pays,
ce sont des traîtres.
Qu'ils volent la patrie,
ce sont des voleurs.
Qu'ils ont violé des femmes,
ce sont indignes.
Qu'ils ont tué des soldats,
ce sont des assassins.
Qu'il vaut mieux qu'ils s'en aillent
sans protester,
Car même s'ils demandent et demandent,
ils n'obtiendront rien.
Alors sortez
de cet endroit,
car s'ils n'obéissent pas aux ordres,
ils le sentiront».
Depuis l'école, «El Rucio»,
ouvrier téméraire,
répond sans hésiter
avec une voix courageuse,
« Vous, Monsieur le Général,
nous ne comprenez pas.
Nous continuerons à attendre,
même si cela nous coûte.
Nous ne sommes plus des animaux,
plus des troupeaux,
nous lèverons la main,
le poing en l'air.
Nous allons donner de nouvelles forces
avec notre exemple
Et l'avenir le saura,
je vous le promets.
Et si vous voulez menacer,
me voici.
Tirez sur cet ouvrier
au cœur».
Le Général qui l'écoute
n'a pas hésité,
avec colère et un air hautain
il a tiré,
et le premier tir est un ordre
pour la tuerie
et ainsi commence l'enfer
avec les rafales.