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La Pulpera de Santa Lucía

Raly Barrionuevo

La Pulpera de Santa Lucía

Era rubia y sus ojos celestes
Reflejaban la gloria del día
Y cantaba como una calandria
La pulpera de Santa Lucía.

Era flor de la vieja parroquia.
¿Quién fue el gaucho que no la quería?
Los soldados de cuatro cuarteles
Suspiraban en la pulpería.

Le cantó el payador mazorquero
Con un dulce gemir de vihuelas
En la reja que olía a jazmines,
En el patio que olía a diamelas.

"Con el alma te quiero, pulpera,
Y algún día tendrás que ser mía,
Mientras llenan las noches del barrio
Las guitarras de Santa Lucía".

La llevó un payador de Lavalle
Cuando el año cuarenta moría;
Ya no alumbran sus ojos celestes
La parroquia de Santa Lucía.

No volvieron los trompas de Rosas
A cantarle vidalas y cielos.
En la reja de la pulpería
Los jazmines lloraban de celos.

Y volvió el payador mazorquero
A cantar en el patio vacío
La doliente y postrer serenata
Que lleváse el viento del río:

¿Dónde estás con tus ojos celestes,
Oh pulpera que no fuiste mía"
¡Cómo lloran por ti las guitarras,
Las guitarras de Santa Lucía!

La Pulpera de Santa Lucía

Elle était blonde et ses yeux azur
Reflettaient la gloire du jour
Et elle chantait comme une alouette
La pulpera de Santa Lucía.

Elle était la fleur de la vieille paroisse.
Qui était le gaucho qui ne l'aimait pas ?
Les soldats de quatre casernes
Soupiraient dans la pulpería.

Le poète mazorquero lui chanta
Avec un doux gémissement de guitares
Sur la grille qui sentait le jasmin,
Dans la cour qui sentait les diamelas.

"Avec l'âme je t'aime, pulpera,
Et un jour tu devras être à moi,
Tandis que les nuits du quartier
Sont remplies des guitares de Santa Lucía."

Un poète de Lavalle l'emmena
Quand l'année quarante s'éteignait ;
Ses yeux azur ne brillent plus
Dans la paroisse de Santa Lucía.

Les trompettes de Rosas ne sont pas revenues
Pour lui chanter des vidalas et des cieux.
Sur la grille de la pulpería
Les jasmins pleuraient de jalousie.

Et le poète mazorquero revint
Pour chanter dans la cour vide
La douloureuse et dernière sérénade
Que le vent du fleuve emporta :

"Où es-tu avec tes yeux azur,
Oh pulpera qui n'as pas été à moi ?
Comme les guitares pleurent pour toi,
Les guitares de Santa Lucía !