Desnuda Madrugada
Se abrió la ventana se apagó la veladora
Dentro me quema sólo el fuego eterno de las horas
La soledad la dama que mejor me acompaña
Yo no le pido amor y ella no me pregunta nada
Y así empieza mi vida en las madrugadas
Yo le hago el amor a las palabras
Es en silencio cuando me hablan las musas
O en medio del maldito caos de esta vida insulsa
No tengan miedo mis vidas para mostrarse
Si quieren les doy mi mano para poder expresarse
Hagamos algo más profundo que el arte
De mis venas sale tinta humo sale de mis frases
A veces esto me parece poesía
Y otras veces maldiciones para calmar mi agonía
Es necesario en el mapa de mi vida
Ubicarme las espinas y abrirme las heridas
Este es un acto de completa desnudez
Esta hoja en blanco exige las mentiras a los pies
Ánimas en pena susurran en mis oídos verdades
Portavoz que soy también voy agregando mis maldades
Las dejo hablar como judas a satanás
Y las transcribo en un compás como esta pista en un piz paz
La oscuridad es la reina de la noche y no hay reproche
Cuando sale el sol absorbida estoy en el goce
Yo voy hilando el tiempo en mi ombligo
En mi garganta no hay sigilo y sigo escupiendo versos prosigo
No escribo para impresionartemucho menos opacarte
Si mi palabra no rabiame intoxico en el instante
La poesía es una herida heredada
De nacimiento pactada rayo que me parte el alma
Sangrar con palabras putrefactas
Dejar que fluyan diáfanas metáforas y sílabas dolorosas
Decodifico el universo está hecho de alfabetos
Actualizo el sufrimiento en lenguaje de estos tiempos
Es mejor odiar odiando en verso
Yo llevo voces de otras voces en mi voz
Voces de indias violadas por alemán o español
De brujas quemadas en hoguera de inquisición
Voces de monjas por letradas condenadas a exilio
De poetas proscritas de corbata y pantalón
Voces de mujeres golpeadas por machista abusador
De cabezas cortadas por pelear sus derechos
Guerreras putas amazonas magdalenas no hay stop
No soy poeta
Sólo grito en una hoja de papel
Cuando las lágrimas se quedan en la garganta
O cuando, por ejemplo
Prefiero maldecirte por escrito
No soy poeta
No lo soy
Sólo, a veces, me indigesto con tanta cosa que considero mierda
Y tengo que vomitarla
Públicamente en nombre de mi sanidad mental
Aube Dénudée
La fenêtre s'est ouverte, la bougie s'est éteinte
À l'intérieur, seul le feu éternel des heures me brûle
La solitude, la dame qui m'accompagne le mieux
Je ne lui demande pas d'amour et elle ne me pose aucune question
Et ainsi commence ma vie dans les aubes
Je fais l'amour aux mots
C'est dans le silence que les muses me parlent
Ou au milieu du putain de chaos de cette vie insipide
N'ayez pas peur, mes vies, de se montrer
Si vous voulez, je vous tends la main pour pouvoir vous exprimer
Faisons quelque chose de plus profond que l'art
De mes veines sort de l'encre, de la fumée sort de mes phrases
Parfois, cela me semble de la poésie
Et d'autres fois, des malédictions pour apaiser mon agonie
C'est nécessaire sur la carte de ma vie
De localiser les épines et d'ouvrir mes blessures
C'est un acte de complète nudité
Cette feuille blanche exige les mensonges à mes pieds
Des âmes en peine murmurent des vérités à mes oreilles
En tant que porte-parole, j'ajoute aussi mes méchancetés
Je les laisse parler comme Judas à Satan
Et je les transcris en un rythme comme cette piste en un piz paz
L'obscurité est la reine de la nuit et il n'y a pas de reproche
Quand le soleil se lève, je suis absorbée dans le plaisir
Je tisse le temps dans mon nombril
Dans ma gorge, il n'y a pas de secret et je continue à cracher des vers
Je n'écris pas pour t'impressionner, encore moins pour t'éclipser
Si mes mots ne me font pas rage, je m'intoxique sur le moment
La poésie est une blessure héritée
D'un pacte de naissance, un éclair qui me fend l'âme
Sangloter avec des mots putréfiés
Laisser couler des métaphores diaphanes et des syllabes douloureuses
Je décodifie l'univers, il est fait d'alphabets
J'actualise la souffrance en langage de ces temps
Il vaut mieux haïr en haïssant en vers
Je porte des voix d'autres voix dans ma voix
Des voix d'Indiennes violées par des Allemands ou des Espagnols
De sorcières brûlées sur le bûcher de l'inquisition
Des voix de religieuses, lettrées, condamnées à l'exil
De poètes proscrits en cravate et pantalon
Des voix de femmes battues par des abuseurs machistes
De têtes coupées pour avoir défendu leurs droits
Guerrières, putes, amazones, Magdalenes, il n'y a pas de stop
Je ne suis pas poète
Je crie juste sur une feuille de papier
Quand les larmes restent dans la gorge
Ou quand, par exemple
Je préfère te maudire par écrit
Je ne suis pas poète
Je ne le suis pas
Juste, parfois, je me sens mal à l'aise avec tant de choses que je considère de la merde
Et je dois les vomir
Publiquement au nom de ma santé mentale