Tinta Roja
Paredón,
tinta roja en el gris
del ayer...
Tu emoción
de ladrillo, feliz
sobre mi callejón,
con un borrón
pintó la esquina...
Y aquel buzón
carmín,
y aquel fondín,
donde lloraba el tano
su rubio amor lejano
que mojaba con bon vin.
¿Dónde estará mi arrabal?...
¿Quién se robó mi niñez?...
¿En qué rincón, luna mía,
volcás como entonces
tu clara alegría?
Veredas que yo pisé,
malevos que ya no son.
Bajo tu cielo de raso
trasnocha un pedazo
de mi corazón...
Paredón,
tinta roja en el gris
del ayer...
Borbotón
de mi sangre infeliz
que vertí en el malvón
de aquel balcón
que la escondía...
Yo no sé
si fue negro de mis penas
o fue rojo de tus venas
mi sangría...
Por qué llegó y se fue
tras el carmín
y el gris
fondín lejano,
donde lloraba un tano
sus nostalgias de bon vin.
Rouge de Sang
Mur,
tache rouge dans le gris
d'hier...
Ton émotion
de brique, heureuse
sur mon petit chemin,
avec un coup de pinceau
elle a peint le coin...
Et cette boîte aux lettres
carmine,
et ce fond noir,
d'où pleurait le tano
son amour blond lointain
qu'il arrosait de bon vin.
Où est mon quartier ?...
Qui a volé mon enfance ?...
Dans quel coin, ma lune,
vomiras-tu comme avant
ta claire joie ?
Trottoirs que j'ai foulés,
malfrats qui ne sont plus.
Sous ton ciel de satin
veille un morceau
de mon cœur...
Mur,
tache rouge dans le gris
d'hier...
Giclée
de mon sang malheureux
que j'ai versé dans le géranium
de ce balcon
qui le cachait...
Je ne sais pas
si c'était noir de mes peines
ou rouge de tes veines
ma saignée...
Pourquoi est-elle venue et repartie
après le carmin
et le gris
fond noir lointain,
d'où pleurait un tano
ses nostalgies de bon vin.