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Esquinazo du guérillero

Rolando Alárcon

Esquinazo del guerrillero

Las cinco ya van a dar,
las cinco de la mañana,
ábreme la puerta, mi alma,
que he ganado una batalla,
que he ganado una batalla
y herido ya el sol se asoma.
Te busco en la madrugada:
dame tu pecho, paloma.

Dame tu pecho, paloma,
sin olvidar bienamada:
flor que no se abre a su dueño
se apaga en la madrugada,
se apaga en la madrugada
al filo de un esquinazo
como el lucero en tu almohada,
paloma, y tú entre mis brazos.

Palomito, entre mis brazos
punteando se viene el alba,
vengan otra vez mis armas
que ya suenan los balazos,
que ya suenan los balazos
-escucha lo que yo siento-:
no vuela la alondra en vano
si en brazos la lleva el viento.

Qué viva mi enamorada,
cogollito de romero.
Reciba en esta alborada
el amor de su guerrillero.

Esquinazo du guérillero

Cinq heures vont bientôt sonner,
les cinq heures du matin,
ouvre-moi la porte, mon âme,
car j'ai gagné une bataille,
car j'ai gagné une bataille
et blessé, le soleil se lève.
Je te cherche à l'aube :
donne-moi ton cœur, ma colombe.

Donne-moi ton cœur, ma colombe,
sans oublier ma bien-aimée :
une fleur qui ne s'ouvre pas à son maître
s'éteint à l'aube,
s'éteint à l'aube
au bord d'un esquinazo
comme l'étoile sur ton oreiller,
colombe, et toi dans mes bras.

Petite colombe, dans mes bras
le jour se lève doucement,
que mes armes reviennent encore
car les balles résonnent déjà,
car les balles résonnent déjà
-écoute ce que je ressens- :
la alouette ne vole pas en vain
si le vent la porte dans ses bras.

Que vive ma bien-aimée,
bouton de romarin.
Reçois en ce matin
l'amour de ton guérillero.

Escrita por: Rolando Alarcon, Fernando Alegría