395px

Der Traum vergeht

Tino Rossi

Le rêve passe

Les soldats sont là-bas endormis sur la plaine
Où le souffle du soir chante pour les bercer,
La terre aux blés rasés parfume son haleine,
La sentinelle au loin va d'un pas cadencé.
Soudain voici qu'au ciel des cavaliers sans nombre
Illuminent d'éclairs l'imprécise clarté
Et le petit chapeau semble guider ces ombres
Vers l'immortalité.

Les voyez-vous,
Les hussards, les dragons, la Garde,
Glorieux fous
D'Austerlitz que l'Aigle regarde,
Ceux de Kléber,
De Marceau chantant la victoire,
Géants de fer
S'en vont chevaucher la gloire.
Mais le petit soldat
Voit s'assombrir le Rêve,
Il lui semble là-bas
Qu'un orage se lève,
L'hydre au casque pointu
Sournoisement s'avance ;
L'enfant s'éveille, ému,
Mais tout dort en silence
Et dans son cœur le songe est revenu.
Les canons !
Les clairons !
Ecoutez !
Regardez !
Les voyez-vous,
Les hussards, les dragons, la Garde,
Ils saluent tous
L'Empereur qui les regarde.

Et dans un pays clair où la moisson se dore,
L'âme du petit bleu revoit un vieux clocher.
Voici la maisonnette où celle qu'il adore
Attendant le retour, tient son regard penché.
Mais tout à coup... Douleur ! Il la voit plus lointaine,
Un voile de terreur a couvert ses yeux bleus.
Encore les casques noirs, l'incendie et la haine,
Les voilà ce sont eux !

Les voyez-vous,
Leurs hussards, leurs dragons, leur Garde,
Sombres hiboux
Entraînant la vierge hagarde.
Le vieux Strasbourg
Frémit sous ses cheveux de neige.
Mourez tambours,
Voici le sanglant cortège ;
Bientôt le jour vermeil
A l'horizon se lève
On sonne le réveil
Et c'est encor le Rêve.
Les Géants de l'An deux
Sont remplacés par d'autres.

Et ces soldats joyeux
France ... ce sont les nôtres.
Blondes aimées ! Il faut sécher vos yeux.
Vos amis, les voici.
Les voyez-vous,
Les hussards, les dragons, l'Armée,
Ils mourront tous
Pour la nouvelle épopée.
Fiers enfants
De la race
Sonnez aux champs,
Le rêve passe.

Der Traum vergeht

Die Soldaten liegen dort drüben schlafend auf der Fläche
Wo der Abendwind singt, um sie zu wiegen,
Die Erde mit den abgeernteten Weizenfeldern parfümiert ihren Atem,
Die Wache in der Ferne schreitet im gleichmäßigen Takt.
Plötzlich erscheinen am Himmel zahllose Reiter,
Erleuchten mit Blitzen die unklare Helligkeit
Und der kleine Hut scheint diese Schatten zu leiten
In die Unsterblichkeit.

Seht ihr sie,
Die Husaren, die Drachen, die Garde,
Glorreiche Verrückte
Von Austerlitz, die der Adler betrachtet,
Die von Kléber,
Von Marceau, die den Sieg besingen,
Eisenriesen
Reiten zur Ruhm.
Doch der kleine Soldat
Sieht den Traum sich verdunkeln,
Es scheint ihm dort drüben,
Als würde ein Sturm aufziehen,
Die Hydra mit dem spitzen Helm
Schleicht heimlich näher;
Das Kind erwacht, bewegt,
Doch alles schläft in Stille
Und in seinem Herzen ist der Traum zurückgekehrt.
Die Kanonen!
Die Trompeten!
Hört zu!
Schaut hin!
Seht ihr sie,
Die Husaren, die Drachen, die Garde,
Sie grüßen alle
Den Kaiser, der sie betrachtet.

Und in einem klaren Land, wo die Ernte golden wird,
Sieht die Seele des kleinen Blauen einen alten Kirchturm wieder.
Hier ist das Häuschen, wo die, die er liebt,
Auf seine Rückkehr wartend, ihren Blick gesenkt hält.
Doch plötzlich... Schmerz! Sie erscheint ihm ferner,
Ein Schleier des Schreckens hat ihre blauen Augen verhüllt.
Wieder die schwarzen Helme, das Feuer und den Hass,
Das sind sie!

Seht ihr sie,
Ihre Husaren, ihre Drachen, ihre Garde,
Düstere Eulen
Die die erschrockene Jungfrau mit sich ziehen.
Das alte Straßburg
Zittert unter seinem schneebedeckten Haar.
Sterbt, Trommeln,
Hier kommt der blutige Zug;
Bald erhebt sich der purpurne Tag
Am Horizont,
Man läutet das Erwachen
Und es ist wieder der Traum.
Die Riesen des Jahres zwei
Wurden durch andere ersetzt.

Und diese fröhlichen Soldaten
Frankreich... das sind unsere.
Blonde Geliebte! Ihr müsst eure Augen trocknen.
Eure Freunde, hier sind sie.
Seht ihr sie,
Die Husaren, die Drachen, die Armee,
Sie werden alle sterben
Für die neue Epoche.
Stolze Kinder
Der Rasse
Läutet auf den Feldern,
Der Traum vergeht.

Escrita por: