Crucero Belgrano
Era pleno otoño era justo en mayo
Galopaba el año del 82
Y sobre las aguas de los mares fríos
Marchaba un crucero que nunca volvió
Casi medio siglo lo vieron los cielos
De puerto en puerto cumplir su misión
Y hasta en Norteamérica se quedó en la historia
Cuando en el 40 lo ataco el Japón
Crucero Belgrano, señor de las aguas
Qué epopeya blanca con alma de albur
Con cuantos soldados te fuiste al fondo
Cuando te chumbearon en el mar del sur
Cuentan los muchachos de la providencia
Que llamas rojizas se pudieron ver, justo en el momento
En que dos cañonasos desde un submarino tiro Lucifer
Por eso no entiendo
Las palabras de algunos señores
Porque piense usted
Nos hunden un barco, nos sangra la patria
Y usted practican el inglés
Que dirá carrizo que en su pobre balsa
Treinta y tantas horas contra al mar lucho
Después que saltara de ese gran Belgrano
Que al sentirlo hundirse para otro lado miro
Lasazos del viento, corcobos del agua
Pobrecito el hombre jineteando el mar
Con las esperanzas de que si Dios lo ayuda
Algún compañero lo venga a buscar
Porque allá en los fríos de un mar tempestuoso
A un barco Argentino, Inglaterra hundió
Y era aquel crucero que con muchos hombres
Partió un dos de mayo y nunca volvió
Croiseur Belgrano
C'était en plein automne, juste en mai
L'année 82 galopait
Et sur les eaux des mers froides
Avançait un croiseur qui ne revint jamais
Presque un demi-siècle, les cieux l'ont vu
De port en port accomplir sa mission
Et même en Amérique du Nord, il est resté dans l'histoire
Quand en 40, le Japon l'attaqua
Croiseur Belgrano, seigneur des eaux
Quelle épopée blanche avec une âme de pari
Avec combien de soldats es-tu parti au fond
Quand ils t'ont coulé dans la mer du sud
Les gars de la providence racontent
Que des flammes rougeoyantes ont pu être vues, juste au moment
Où deux coups de canon d'un sous-marin tiré par Lucifer
C'est pourquoi je ne comprends pas
Les paroles de certains messieurs
Parce que pensez-vous
Ils coulent un bateau, notre patrie saigne
Et vous, vous pratiquez l'anglais
Que dira Carrizo, sur sa pauvre barque
Trente heures durant, il lutta contre la mer
Après avoir sauté de ce grand Belgrano
Qui, en le sentant sombrer, regarda de l'autre côté
Les lanières du vent, les sauts de l'eau
Pauvre homme, chevauchant la mer
Avec l'espoir que si Dieu l'aide
Un camarade vienne le chercher
Parce qu'au milieu des froids d'une mer tempétueuse
Un bateau argentin, l'Angleterre a coulé
Et c'était ce croiseur qui, avec tant d'hommes
Partit un deux mai et ne revint jamais