La Gaviota
Corrían los días de a fines de guerra
había un soldado regresando intacto:
intacto del frío mortal de la tierra,
intacto de flores de horror en su cuarto.
Elevó los ojos, respiró profundo,
la palabra cielo se hizo en su boca
y como si no hubiera más en el mundo
por el firmamento pasó una gaviota.
Gaviota, gaviota, vals del equilibrio,
cadencia increíble, llamada en el hombro.
Gaviota, gaviota, blancura de lirio,
aire y bailarina, gaviota de asombro.
¿A dónde te marchas, canción de la brisa,
tan rápida, tan detenida,
disparo en la sien y metralla en la risa,
gaviota que pasa y se lleva la vida?
Corrían los días de a fines de guerra,
pasó una gaviota volando, volando
lento, como un tiempo de amor que se cierra,
imperio de ala, de cielo y de cuándo.
Gaviota, gaviota, vals del equilibrio,
cadencia increíble, llamada en el hombro.
Gaviota, gaviota, blancura de lirio,
aire y bailarina, gaviota de asombro.
Corrían los días de a fines de guerra,
pasó una gaviota volando
y el que anduvo intacto rodó por la tierra:
huérfano, desnudo, herido, sangrando.
La Gaviota
Les jours passaient à la fin de la guerre
il y avait un soldat revenant indemne :
indemne du froid mortel de la terre,
indemne des fleurs d'horreur dans sa chambre.
Il leva les yeux, respira profondément,
le mot ciel se forma dans sa bouche
et comme s'il n'y avait plus rien d'autre au monde
une mouette passa dans le ciel.
Mouette, mouette, valse de l'équilibre,
cadence incroyable, appel sur l'épaule.
Mouette, mouette, blancheur de lys,
air et ballerine, mouette d'émerveillement.
Où vas-tu, chanson de la brise,
tellement rapide, tellement arrêtée,
une balle dans la tempe et des éclats dans le rire,
mouette qui passe et emporte la vie ?
Les jours passaient à la fin de la guerre,
une mouette passa en volant, volant
lentement, comme un temps d'amour qui se ferme,
empire d'aile, de ciel et de quand.
Mouette, mouette, valse de l'équilibre,
cadence incroyable, appel sur l'épaule.
Mouette, mouette, blancheur de lys,
air et ballerine, mouette d'émerveillement.
Les jours passaient à la fin de la guerre,
une mouette passa en volant
et celui qui était indemne roula sur la terre :
orphelin, nu, blessé, saignant.
Escrita por: Silvio Rodríguez