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C'était en Avril

Silvio Rodriguez

Era en Abril

¿Sabés hermano lo triste que estoy?
Se me ha hecho vuelo de trinos y sangre la voz,
Se me ha hecho pedazos mi sueño mejor:
Se ha muerto mi niño, mi niño, mi niño,
Mi niño, hermano.

No pudo llenarse la boca de voz,
Apenas vacio el vientre de mi dulce amor.
Enorme y azul la vida se le dió.
No pudo tomarla, no pudo tomarla,
de tan pequeño.

Yo le habia hecho una blanca cancion
Del amor entre una nube y un pez volador.
Lo soñé corriendo abrigado en sudor,
Con las mejillas llenas, las mejillas llenas,
de sol y dulzor.

Era en abril el ritmo tibio
De mi chiquito que danzaba
Dentro del vientre, un prado en flor
Era su lecho y el ombligo y el ombligo,
El ombligo el sol.

No busques hermano el camino mejor,
Que ya tengo el alma muda de pedirle a Dios.
¿Qué hacemos ahora mi dulzura y yo?
Con los pechos llenos, con los pechos llenos
De leche y dolor.

Estamos pensando, sería mejor
El marchar los tres,
El marchar los tres,
Que quedarnos dos.

C'était en Avril

Tu sais, frère, à quel point je suis triste ?
Ma voix est devenue un vol de chants et de sang,
Mon meilleur rêve s'est brisé en morceaux :
Mon enfant est mort, mon enfant, mon enfant,
Mon enfant, frère.

Il n'a pas pu remplir sa bouche de voix,
À peine vide le ventre de mon doux amour.
La vie lui a été donnée, énorme et bleue.
Il n'a pas pu la prendre, il n'a pas pu la prendre,
Trop petit.

Je lui avais fait une chanson blanche
De l'amour entre un nuage et un poisson volant.
Je l'ai rêvé courant, couvert de sueur,
Avec les joues pleines, les joues pleines,
De soleil et de douceur.

C'était en avril le rythme tiède
De mon petit qui dansait
Dans le ventre, un pré en fleurs
Était son lit et le nombril et le nombril,
Le nombril, le soleil.

Ne cherche pas, frère, le meilleur chemin,
Car j'ai déjà l'âme muette de prier Dieu.
Que faisons-nous maintenant, ma douceur et moi ?
Avec les poitrines pleines, avec les poitrines pleines
De lait et de douleur.

Nous pensons, ce serait mieux
De partir tous les trois,
De partir tous les trois,
Que de rester deux.

Escrita por: Jorge Fandermole / Juan Carlos Baglietto