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Sourires de Papier

Silvio Rodriguez

Sonrisas De Papel

Una vez comprendí que mi voz no era mía
Que era toda del mundo, del mar y los días
Y la lleve en mi viaje entre amores y horror
Y cante noche a noche aunque nadie me vio
Cuando me iba solo arrastrando los pies
Para llegar tan tarde a mi casa otra vez
Dejando atrás sonrisas, sonrisas de papel

Y la filosofía fue un tema de a diario
La que aprende cualquier trovador solitarios
Y pensé en los contrastes malditos que hay
Entre un viaje al espacio y un niño sin pan
Y hace tiempo dejé de arrastrarme los pies
Pero siguió pasando la vida después
Con sus mismas sonrisas, sonrisas de papel

Una vez tuve frío de todas las cosas
De un amor, de un juguete, de una vieja rosa
Y apure mi carrera entre objetos así
Y seguro ninguno se acuerda de mí
Y se sigue escuchando el silbido de un tren
Y el mundo está en harapos, lo veo también
Con sus mismas sonrisas, sonrisas de papel

Sourires de Papier

Une fois j'ai compris que ma voix n'était pas à moi
Qu'elle appartenait au monde, à la mer et aux jours
Et je l'ai emportée dans mon voyage entre amours et horreurs
Et j'ai chanté nuit après nuit même si personne ne me voyait
Quand je partais seul traînant les pieds
Pour rentrer si tard chez moi encore une fois
Laissant derrière moi des sourires, des sourires de papier

Et la philosophie était un sujet quotidien
Celle que tout troubadour solitaire apprend
Et j'ai pensé aux maudits contrastes qu'il y a
Entre un voyage dans l'espace et un enfant sans pain
Et ça fait longtemps que j'ai arrêté de traîner les pieds
Mais la vie a continué à passer après
Avec ses mêmes sourires, des sourires de papier

Une fois j'ai eu froid à cause de toutes ces choses
D'un amour, d'un jouet, d'une vieille rose
Et j'ai pressé ma course entre des objets comme ça
Et je suis sûr que personne ne se souvient de moi
Et on entend encore le sifflement d'un train
Et le monde est en haillons, je le vois aussi
Avec ses mêmes sourires, des sourires de papier