Canción Del Elegido
Siempre que se hace una historia
se habla de un viejo, de un niño o de sí,
pero mi historia es difícil:
no voy a hablarles de un hombre común.
Haré la historia de un ser de otro mundo,
de un animal de galaxia.
Es una historia que tiene que ver
con el curso de la Vía Láctea.
Es una historia enterrada.
Es sobre un ser de la nada.
Nació de una tormenta
en el sol de una noche,
el penúltimo mes.
Fue de planeta en planeta
buscando agua potable,
quizás buscando la vida
o buscando la muerte
eso nunca se sabe.
Quizás buscando siluetas
o algo semejante
que fuera adorable,
o por lo menos querible,
besable, amable.
Él descubrió que las minas
del rey Salomón
se hallaban en el cielo
y no en el África ardiente,
como pensaba la gente.
Pero las piedras son frías
y le interesaban calor y alegrías.
Las joyas no tenían alma,
sólo eran espejos, colores brillantes.
Y al fin bajo hacia la guerra...
¡perdón! quise decir a la tierra.
Supo la historia de un golpe,
sintió en su cabeza cristales molidos
y comprendió que la guerra
era la paz del futuro:
lo más terrible se aprende enseguida
y lo hermoso nos cuesta la vida.
La última vez lo vi irse
entre el humo y metralla,
contento y desnudo:
iba matando canallas
con su cañón de futuro.
Chanson de l'Élu
Chaque fois qu'on raconte une histoire
on parle d'un vieux, d'un enfant ou de soi,
mais mon histoire est compliquée :
je ne vais pas vous parler d'un homme ordinaire.
Je vais raconter l'histoire d'un être d'un autre monde,
d'un animal de galaxie.
C'est une histoire qui concerne
le cours de la Voie lactée.
C'est une histoire enfouie.
C'est sur un être venu de nulle part.
Il est né d'une tempête
sous le soleil d'une nuit,
le mois avant le dernier.
Il a voyagé de planète en planète
cherchant de l'eau potable,
peut-être cherchant la vie
ou cherchant la mort
on ne sait jamais.
Peut-être cherchant des silhouettes
ou quelque chose de semblable
qui soit adorable,
ou au moins aimable,
embrassable, sympathique.
Il a découvert que les mines
du roi Salomon
se trouvaient dans le ciel
et non en Afrique brûlante,
comme le pensait les gens.
Mais les pierres sont froides
et il cherchait chaleur et joies.
Les bijoux n'avaient pas d'âme,
c'étaient que des miroirs, des couleurs éclatantes.
Et enfin il est descendu vers la guerre...
excusez-moi ! je voulais dire vers la terre.
Il a su l'histoire d'un coup,
il a senti dans sa tête des cristaux broyés
et il a compris que la guerre
était la paix du futur :
ce qui est terrible s'apprend vite
et ce qui est beau nous coûte la vie.
La dernière fois je l'ai vu partir
entre la fumée et les éclats,
content et nu :
il tuait des salauds
avec son canon du futur.