395px

Metro

Mano Solo

Métro

Sur le quai du métro avec sur le dos les blessures du boulot
Il aurait bien maudit sa vie mais un regard autour de lui
Lui enlevait le droit de geindre devant tous ceux bien plus à plaindre
Leur maison dans un sac Tati qui restent là quand le métro s'en va

Et juste le bagout de trois voyous
Mettais un peu de vie dans ce trou

Sur le quai d'en face un miroir du sexe opposé
Sur la figure la même grimace refusait de le regarder
De toute façon et pour quoi faire
On est tous dans la même galère
Trop abattus trop mal rasés pour espérer la faire rêver

Elle regardait ses escarpins serrant contre elle son sac à main
Elle aurait voulu entendre dans les couloirs le cataclop d'un cheval blanc
Une histoire qu'elle pourrait croire illuminée d'un bel amant
Mais pas de bol on est dans le métro c'est interdit les animaux

Les deux métros sont arrivés dans leur éternel chassé-croisé
Dans leur voiture derrière les glaces ils retrouvèrent leur face à face
Mais le regard qu'ils se sont lancés a vite rebondi sur leurs chaussures
Dans le bruit des portes fermées ils ont repris leur pâme figure

Metro

En el andén del metro con las heridas del trabajo en su espalda
Podría haber maldecido su vida, pero una mirada a su alrededor
Le quitaba el derecho de quejarse frente a todos aquellos que tenían más motivos para hacerlo
Su hogar en una bolsa de Tati que permanece ahí cuando el metro se va

Y solo la labia de tres matones
Ponía un poco de vida en este agujero

En el andén de enfrente, un espejo del sexo opuesto
En su rostro, la misma mueca se negaba a mirarlo
De todos modos, ¿para qué?
Todos estamos en la misma situación difícil
Demasiado abatidos, demasiado mal afeitados para esperar hacerla soñar

Ella miraba sus tacones, apretando su bolso contra ella
Hubiera querido escuchar en los pasillos el trotar de un caballo blanco
Una historia en la que pudiera creer, iluminada por un bello amante
Pero mala suerte, estamos en el metro, los animales están prohibidos

Los dos metros llegaron en su eterno ir y venir
En su vagón, detrás de los cristales, se encontraron cara a cara
Pero la mirada que se lanzaron rápidamente se desvió hacia sus zapatos
En el ruido de las puertas cerradas, recuperaron su apagada figura

Escrita por: Mano Solo