Recuerdenme
Recuérdenme si me marcho
Con ese callado modo
De andarse por la inocencia
Que les conozco, que les conozco
Recuérdenme hijitos míos
Recuérdenme en el asombro
Recuérdenme en la alegría
Conque vivimos después de todo
Recuérdenme en las menudas
Palabras conque los nombro
Y acaso en la transparencia
De lo celeste que fue tan hondo
No quiero que me recuerden
En nada que sea penoso
La vida es una tremenda
Esperanza abierta frente a los ojos
Recuérdenme en esa nana
Que siempre sonaba a poco
Recuérdenme en las caricias
Y en los enojos, en los enojos
Acaso no pude amarlos
Mejor pero puse todo
Les pido que me disculpen
Lo desatenta que fui a mi modo
A ser madre no se puede
Jamás aprender del todo
Y ser hijo es tan difícil
Que casi siempre se duda el modo
La vida se apura tanto
Y tanto nos dura poco
Lo bueno es que se comprenda
Que nada debe intentarse solos
Los versos que aquí les canto
No tienen más que un antojo
Pedirles que me recuerden
Cuando se miren unos a otros
La vida es tan bella, hijitos
Que hablar de la muerte es tonto
Recuérdenme en la alegría
Con que vivimos después de todo
Souvenez-vous de moi
Souvenez-vous de moi si je m'en vais
Avec cette façon silencieuse
De marcher dans l'innocence
Que je vous connais, que je vous connais
Souvenez-vous de moi, mes petits
Souvenez-vous de moi dans l'émerveillement
Souvenez-vous de moi dans la joie
Avec laquelle nous avons vécu après tout
Souvenez-vous de moi dans les petites
Mots avec lesquels je vous nomme
Et peut-être dans la transparence
De ce céleste qui était si profond
Je ne veux pas qu'on se souvienne de moi
Dans quoi que ce soit de pénible
La vie est une sacrée
Espérance ouverte devant les yeux
Souvenez-vous de moi dans cette berceuse
Qui semblait toujours si peu
Souvenez-vous de moi dans les caresses
Et dans les colères, dans les colères
Peut-être que je n'ai pas pu vous aimer
Mieux, mais j'ai tout donné
Je vous demande de me pardonner
Pour l'inattention que j'ai eue à ma façon
Être mère, on ne peut jamais
Vraiment apprendre complètement
Et être enfant est si difficile
Qu'on doute presque toujours de la façon
La vie passe si vite
Et nous dure si peu
Ce qui est bien, c'est de comprendre
Que rien ne doit être tenté seul
Les vers que je vous chante ici
N'ont d'autre désir
Que de vous demander de vous souvenir de moi
Quand vous vous regardez les uns les autres
La vie est si belle, mes petits
Que parler de la mort est idiot
Souvenez-vous de moi dans la joie
Avec laquelle nous avons vécu après tout