395px

Asturies

Víctor Manuelle

Asturias

Asturias si yo pudiera
se yo supiera cantarte
Asturias verde de montes
y negra de minerales...
Yo soy un hombre del sur
plovo, sol fatiga y hambre
hambre de pan y horizontes... hambre
Bajo la piel resecada
rios sólidos se sangre
y el corazón asfixiado
sin venas para aliviarte.
Los ojos ciegos los ojos
ciegos de tanto mirarte
sin verte Asturias lejana.
Hija de mi misma madre
dos veces dos has tenido
ocasión par jugarte
La vida en una partida
y las dos te la jugaste
¿Quién derribara ese arbol
de Asturias ya un ramaje?
Desnudo, seco, clavado,
con su raiz entrañable
que corre por toda España
crispandonos de coraje.
Mirad obreros del mundo su silueta recortarse
contra ese cielo impasible
vertical inquebrantable.
Firme sobre roca firme
herida viva su carne
millones de puños griban
su cólera por los aires.
Millones de corazones
golpean contra tus carceles
prepara tu salto ultimo
livida muerte cobarde.
Prepara tu ultimo salto
que Asturias sesta aguardandote
sola en mitad de la tierra
hija de mi misma madre.

Asturies

Asturies, si je pouvais
si je savais te chanter
Asturies, verte de montagnes
et noire de minerais...
Je suis un homme du sud
pluie, soleil, fatigue et faim
faim de pain et d'horizons... faim
Sous la peau desséchée
des rivières solides de sang
et le cœur asphyxié
sans veines pour te soulager.
Les yeux aveugles, les yeux
aveugles de tant te regarder
sans te voir, Asturies lointaine.
Fille de ma propre mère
deux fois deux tu as eu
l'occasion de te jouer
la vie dans une partie
et les deux tu t'es jouée.
Qui abattra cet arbre
d'Asturies, déjà un feuillage ?
Nu, sec, enfoncé,
avec sa racine précieuse
qui court à travers l'Espagne
nous crispant de courage.
Regardez, ouvriers du monde, sa silhouette se découper
contre ce ciel impassible
vertical, inébranlable.
Fermement sur roche ferme
blessure vive, sa chair
millions de poings crient
sa colère dans les airs.
Des millions de cœurs
frappent contre tes prisons
prépare ton dernier saut
mort livide, lâche.
Prépare ton dernier saut
car Asturies t'attend
seule au milieu de la terre
fille de ma propre mère.