In Humanité
Humanité se promène nue dans ce palais
Portant les stigmates de sa chute.
Elle erre dans des couloirs inondés,
Suivie de fantômes en odeur de sainteté.
Allonger ses membres pour qu’ils les
Saisissent, désagrégés en poussière d’office.
Les diablotins du péril
Sont les maîtres de cérémonie.
Silence ! L’ennemi guette vos confidences.
Humanité marche sur des charniers d’airain,
L’ennemi a renoué avec les siens.
Un enfant s’avance, son sourire est serein,
Sa tête posée dans ses mains.
Faut-il qu’elle soit parjure pour oublier ?
Surtout ne pas se retourner !
Remuer les lèvres sans sortir aucun son.
Plonger dans le miroir sans s’y apercevoir.
Dans des malles béantes parmi de sombres fripes
Gisent des corps décharnés.
A leur sommet, une femme en robe de mariée.
Égrène son chapelet de ses mains gangrenées.
Des jeunes filles, en satin déchiré.
Entament une danse effrénée.
La nuit et le brouillard sont tombés
Escomptant la victoire sur les damnés
Bienvenue au monde ou ce qu’il en reste
Quand le chaos surgit au songe !
Faut-il qu’elle soit parjure pour oublier ?
Surtout ne pas se retourner !
En Humanidad
La Humanidad camina desnuda por este palacio
Llevando las marcas de su caída.
Vaga por pasillos inundados,
Seguida por fantasmas con olor a santidad.
Extendiendo sus miembros para que ellos
Los agarren, desintegrados en polvo de oficina.
Los diablillos del peligro
Son los maestros de ceremonia.
¡Silencio! El enemigo acecha tus confidencias.
La Humanidad camina sobre charcos de bronce,
El enemigo ha vuelto a los suyos.
Un niño se acerca, su sonrisa es serena,
Su cabeza reposa en sus manos.
¿Debe ser perjura para olvidar?
¡Sobre todo, no voltear!
Mover los labios sin emitir sonido alguno.
Sumergirse en el espejo sin reflejarse.
En baúles abiertos entre ropas oscuras
Yacen cuerpos desgarrados.
En la cima, una mujer en vestido de novia
Desgrana su rosario con manos gangrenadas.
Jóvenes chicas, en satén rasgado,
Inician una danza frenética.
La noche y la niebla han caído
Esperando la victoria sobre los condenados.
¡Bienvenidos al mundo o lo que queda de él
Cuando el caos surge en el sueño!
¿Debe ser perjura para olvidar?
¡Sobre todo, no voltear!