La petite gare
Les voyageurs pour Montélimar, Sainte-Foix-la-Grande,
Bourg-la-Reine, Poitiers, Bordeaux, Vaulx en Vexin
En voiture, s'il vous plaît.
Dépêchons-nous !
Eh quoi ? Père Mathieu, où courez-vous si vite à cette heure-ci ?
Eh ben, moi, mon gars, mais j' file à la gare voir passer l' rapide de Paris.
Et tu sais ben que je ne pouvons point m' coucher sans avoir vu défiler tous les soirs mon express de 6h33...
Ah, ah, ah ! Alors, dépêchez-vous, père Mathieu et amusez-vous bien, hein !
Ah quel type, alors !
J'habite Grésy sur Redon
P'tit pays sans prétention
Il n'y a dans l' patelin vraiment qu'une distraction
C'est l'arrêt du chemin de fer, la station
Et bien que personne ne prenne
Que plutôt rarement le train
La p'tite gare est toujours pleine
Aussi bien soir que matin
Dans la petite gare, on retrouve les gars du patelin
Et l'on s'accapare pour s' raconter tous les potins
Que l'on soit pauvre ou bien millionnaire
Qu'on ait quinze ans, qu'on soit centenaire
On vient médire de son voisin
Madame la libraire vend des quantités de journaux
Mais pour les affaires, le mieux, c'est encore le bistrot
Le patron nous sert consciencieusement ses liqueurs et ses boniments
Trouvant qu'on ne consomme jamais trop
Et dans le buffet
Depuis l' premier train du matin
De janvier jusqu'à la fin décembre
Nous discutons fiévreusement entre nous pour rien
Pour rien, tout comme on fait à la Chambre
Quand une Parisienne nous a souri de son wagon
Toute la semaine, dans un rêve, nous voyageons
Le sourire de deux lèvres carmin,
Un petit adieu de la main suffit
Nous idéalisons
La pequeña estación
Los viajeros a Montélimar, Sainte-Foix-la-Grande,
Bourg-la-Reine, Poitiers, Burdeos, Vaulx en Vexin
En coche, por favor.
¡Apresúrense!
¿Eh qué? Padre Mathieu, ¿a dónde corres tan rápido a esta hora?
Bueno, hijo mío, ¡voy a la estación a ver pasar el rápido de París!
Y sabes bien que no puedo acostarme sin haber visto pasar todas las noches mi expreso de las 6:33...
¡Ah, ah, ah! Entonces, ¡apúrate, padre Mathieu y diviértete, eh!
¡Qué tipo, entonces!
Vivo en Grésy sur Redon
Un pequeño pueblo sin pretensiones
Realmente, en el pueblo solo hay una distracción
Es la parada del tren, la estación
Y aunque nadie tome
El tren más que raramente
La pequeña estación siempre está llena
Tanto por la noche como por la mañana
En la pequeña estación, nos encontramos con los chicos del pueblo
Y nos apropiamos para contarnos todos los chismes
Ya sea pobre o millonario
Tengamos quince años o seamos centenarios
Venimos a criticar a nuestro vecino
La señora de la librería vende cantidades de periódicos
Pero para los negocios, lo mejor es el bar
El dueño nos sirve diligentemente sus licores y sus charlatanerías
Pensando que nunca consumimos lo suficiente
Y en el bar
Desde el primer tren de la mañana
De enero a diciembre
Discutimos acaloradamente entre nosotros por nada
Por nada, como se hace en el Parlamento
Cuando una parisina nos sonríe desde su vagón
Toda la semana, en un sueño, viajamos
La sonrisa de dos labios carmesí,
Un pequeño adiós con la mano es suficiente
Idealizamos