La Courneuve
Le monde se noyait place de La Courneuve
L'espoir faisait la fête, il fallait bien qu'il pleuve
Tu mangeais un loukoum et des rêves à papa
Je t'avais reconnue, on se connaissait pas
Tu flottais sans radeau sur le poumon du fleuve.
J'ai entendu tes pas qui cherchaient une ville
La douleur de la peau de ton état-civil
Une vague battait les plages de tes joues
Un son, un goût, un peu de nacre et d'acajou
Un feu de pomme à pin allumait ton profil.
Entre la mer d'ici et des grappes d'agrumes
Des épluchures bleues, un fol écho d'écume
J'ai suivi tes talons qui cousaient le trottoir
Cent cageots de citrons racontaient ton histoire
Des gouttes d'incendie perlaient sur le comptoir.
Un torrent vertical hachait nos silhouettes
J'ai bu ta main c'était l'automne et sur nos têtes
Le ciel a renversé son arrosoir de plomb
J'ai rejoint ta pupille encerclée de néons
J'ai croqué l'arc-en-ciel qui poussait sur ton front.
Sous les stands éventrés qui crachaient le cortège
Le premier bouche à bouche au creux du dernier siège
Tous les lampions prenaient des airs de lamparos
Alors on s'est jeté dans le lit du métro
Aucun de nous n'a dit la promesse de trop
Aucun de nous n'a dit la promesse de trop.
La Courneuve
El mundo se ahogaba en la plaza de La Courneuve
La esperanza estaba de fiesta, tenía que llover
Estabas comiendo un loukoum y sueños de papá
Te reconocí, aunque no nos conocíamos
Flotabas sin balsa en el pulmón del río.
Escuché tus pasos buscando una ciudad
El dolor de la piel de tu documento de identidad
Una ola golpeaba las playas de tus mejillas
Un sonido, un sabor, un poco de nácar y caoba
Un fuego de manzana y pino iluminaba tu perfil.
Entre el mar de aquí y racimos de cítricos
Cáscaras azules, un loco eco de espuma
Seguí tus talones que cosían la acera
Cien cajones de limones contaban tu historia
Gotas de incendio perlaban en la barra.
Un torrente vertical cortaba nuestras siluetas
Bebí tu mano, era otoño y sobre nuestras cabezas
El cielo volcó su regadera de plomo
Me uní a tu pupila rodeada de neones
Mordí el arcoíris que crecía en tu frente.
Bajo los puestos desgarrados que escupían el desfile
El primer boca a boca en el hueco del último asiento
Todos los faroles tomaban aires de lámparas
Entonces nos lanzamos en la cama del metro
Ninguno de nosotros dijo la promesa de más
Ninguno de nosotros dijo la promesa de más.
Escrita por: Jacques Higelin, Allain Leprest, Georges Augier