395px

Señor Jo

Andrex

Monsieur Jo

Dans les grands bars et les boîtes de nuit
Depuis quelque temps on ne voyait que lui
C'était aussi un fidèle client
Des meilleurs restaurants
Au champs de course il était assidu
Même à l'Aiglon il était très connu
Et l'on disait d'un p'tit air entendu
C'est pas le premier venu

Il n'habite pas à Belleville
Il habite au Parc Monceau
Il n'sort jamais sans sa canne et son p'tit chapeau
Monsieur Jo
Il a du linge fragile
Et des chaussures en croco
On n'voit jamais deux fois l'même complet
Sur l'dos d'Monsieur Jo
Il a des revenus mystérieux
Et nul n'a pu connaître
La provenance des gros billets bleus
Qu'il jette par les fenêtres
Un grand seigneur difficile
Pour qui rien n'est assez beau
Un vrai Brummel aux gestes d'Hidalgo
Voilà Monsieur Jo

On n'comptait plus ses succès féminins
Auprès des femmes il faisait des béguins
Devant son chic ses manières son doigté
On n'pouvait résister
Quand il voulait donner un rendez-vous
Il envoyait une corbeille d'un prix fou
Avec sa carte, et toutes en la lisant
Disaient immédiatement

Il n'habite pas à Belleville
Il habite au parc Monceau
C'est certainement quelqu'un tout à fait comme il faut
Monsieur Jo
Le soir dans son domicile
Derrière ses volets bien clos
Une jolie fille vient se glisser dans le dodo
D'Monsieur Jo
Énigmatique et mystérieux
Il séduit toutes les femmes
Un seul regard de ses yeux gris bleu
Met leur petit coeur en flammes
Mais pour conserver son style
Dans les plus troublants duos
Il ne quitte jamais sa canne et son chapeau
Le beau Monsieur Jo

Un certain soir il n'rentra pas chez lui
Un' bell' enfant l'attendit toute la nuit
Ce fut en vain il n'revint jamais plus
Il avait disparu
On vit alors s'inquiéter, s'affoler
Des fournisseurs qui n'étaient pas payés
Et qui venaient dire à tous les échos
Mais qu'est devenu Monsieur Jo ?

Il n'habite pas à Belleville
Encore moins au Parc Monceau
Il est sorti sans sa canne et son p'tit chapeau
Monsieur Jo
On supposa une idylle
Un voyage incognito
Mais bientôt sur les journaux
On vit la photo d'Monsieur Jo
Ce moustachu en chapeau melon
Venant d'la préfecture
L'avait emmené sans plus d'façon
Vers une villégiature
Loin des soucis d'la ville
Dans un gentil p'tit cachot
Il est maintenant au pain sec et à l'eau
Fini Monsieur Jo

Señor Jo

En los grandes bares y discotecas
Desde hace algún tiempo solo se veía a él
También era un cliente fiel
De los mejores restaurantes
En el hipódromo era asiduo
Incluso en el Aiglon era muy conocido
Y se decía con aires de superioridad
No es cualquier persona

No vive en Belleville
Vive en el Parc Monceau
Nunca sale sin su bastón y su sombrerito
Señor Jo
Tiene ropa frágil
Y zapatos de cocodrilo
Nunca se le ve dos veces con el mismo traje
En el cuerpo de Señor Jo
Tiene ingresos misteriosos
Y nadie ha podido saber
El origen de los grandes billetes azules
Que arroja por las ventanas
Un gran señor exigente
Para quien nada es lo suficientemente hermoso
Un verdadero Brummel con gestos de Hidalgo
Ahí está Señor Jo

Ya no se contaban sus éxitos con las mujeres
Con las mujeres hacía suspirar
Ante su elegancia, sus modales, su destreza
No se podía resistir
Cuando quería concertar una cita
Enviaba una cesta de un precio exorbitante
Con su tarjeta, y todas al leerla
Decían inmediatamente

No vive en Belleville
Vive en el Parc Monceau
Seguramente es alguien completamente respetable
Señor Jo
Por la noche en su hogar
Tras sus persianas bien cerradas
Una linda chica se desliza en la cama de
Señor Jo
Enigmático y misterioso
Seduce a todas las mujeres
Una sola mirada de sus ojos gris azul
Enciende sus pequeños corazones
Pero para mantener su estilo
En los dúos más apasionados
Nunca se separa de su bastón y su sombrero
El guapo Señor Jo

Una noche no regresó a casa
Una bella niña lo esperó toda la noche
Fue en vano, nunca regresó
Había desaparecido
Entonces se empezó a preocupar, a alarmar
A los proveedores que no habían sido pagados
Y que venían diciendo a todos los ecos
¿Qué ha sido de Señor Jo?

No vive en Belleville
Mucho menos en el Parc Monceau
Salió sin su bastón y su sombrerito
Señor Jo
Se supuso un romance
Un viaje incógnito
Pero pronto en los periódicos
Se vio la foto de Señor Jo
Este bigotudo con sombrero hongo
Que venía de la prefectura
Se lo llevó sin más trámite
Hacia una residencia de verano
Lejos de las preocupaciones de la ciudad
En una linda y pequeña celda
Ahora está a pan y agua
Se acabó Señor Jo