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Los turistas

Annoux Jean-Claude

Les touristes

Le teint blafard, venant on ne sait d'où
De début juin à la fin du mois d'août
S'échappe enfin une meute de loups
Qui a rêvé d'une vie de cocagne
L'air conquérant dans leurs superbes autos
Qu'ils vont conduire comme des chars d'assaut
Ils partent fiers, l'oeil vague et le front haut
Pour envahir nos plages et nos campagnes

Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Tout feu, tout fou, ça prend tous les risques
Ça nage n'importe où, ça veut grimper partout
Ça en veut pour ses sous !
Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Ça n'a jamais le droit d'être triste
Ça vit en société, c'est bien organisé
Et ça n'est pas gêné quand ça va se coucher
En rangs serrés, comme à l'armée

Plus il fait chaud, plus ils montrent leur peau
Ça fait rarement un très joli tableau
Mais à coup sûr, ils en font une photo
Qu'ils montreront à leurs copains de bagne
En deux semaines, ils sont défigurés
Par les efforts qu'ils ont fait pour bronzer
Et sans complexes, ils veulent sous notre nez
Nous arracher nos filles et nos compagnes

Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Tout en joie, ça frétille, ça s'agite
Ça déborde d'ardeur, ça cherche l'âme soeur
Ça fait le joli coeur
Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Ça renifle et ça suit toutes les pistes
Ça flirte en société, ouais, c'est bien organisé
Et ça n'est pas gêné quand ça va se coucher
En rangs par deux comme à l'armée

Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Ça se croit et ça joue les artistes
Ça s'prend pour Belmondo
Qui rencontre Bardot
Mais un jour sans un mot

Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Ça fait un dernier p'tit tour de piste
Ça se couvre la peau, quand ça doit tout penaud
Reprendre son auto
Les tou-tou, les tou-tou, les touristes
Ça devient beurk tout chagrin et tout triste
A la fin de la fête, quand ça bat la retraite
Ça croise le coeur gros, d'étranges animaux
Qui vont jouer à leur tour pendant 31 jours
- Quoi ? Ben...
Les tou-tou, les tou-tou, les touristes !

Los turistas

El rostro pálido, viniendo de quién sabe dónde
Desde principios de junio hasta finales de agosto
Finalmente escapa una manada de lobos
Que soñó con una vida de ensueño
Con aire conquistador en sus magníficos autos
Que conducen como tanques
Se van orgullosos, con la mirada perdida y la frente en alto
Para invadir nuestras playas y campos

Los turis-turis, los turistas
Todo fuego, todo loco, toman todos los riesgos
Nadan donde sea, quieren escalar por todas partes
¡Quieren obtener su dinero!
Los turis-turis, los turistas
Nunca tienen derecho a estar tristes
Viven en sociedad, bien organizados
Y no les importa cuando van a dormir
En filas apretadas, como en el ejército

Mientras más calor hace, más piel muestran
Rara vez es un bonito espectáculo
Pero sin duda, se toman una foto
Que mostrarán a sus amigos
En dos semanas, están desfigurados
Por los esfuerzos que hicieron para broncearse
Y sin complejos, quieren frente a nosotros
Arrebatar a nuestras hijas y compañeras

Los turis-turis, los turistas
Todo alegría, nerviosos, inquietos
Rebosan entusiasmo, buscan su alma gemela
Hacen el papel de galanes
Los turis-turis, los turistas
Huelen y siguen todas las pistas
Coquetean en sociedad, sí, bien organizados
Y no les importa cuando van a dormir
En parejas, como en el ejército

Los turis-turis, los turistas
Se creen y actúan como artistas
Se creen Belmondo
Que conoce a Bardot
Pero un día sin decir una palabra

Los turis-turis, los turistas
Dan una última vuelta por la pista
Se cubren la piel, cuando deben, apenados
Volver a su auto
Los turis-turis, los turistas
Se ponen asquerosos, tristes y melancólicos
Al final de la fiesta, cuando se retiran
Se cruzan con el corazón apesadumbrado, con extraños animales
Que jugarán a su vez durante 31 días
- ¿Qué? Pues...
¡Los turis-turis, los turistas!

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