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Me iré pronto

Antoine

Je partirai bientôt

Puisque tu te promènes
Avec tous tes Picasso
Et puisque tu t'entraînes
A la dictée et au judo
Et puisque cinq fois par semaine
Tu termines tes nuits au zoo
Je te dirai que rien ne presse
Mais que je partirai bientôt

Puisque tu parles avec des roses
Des langages anormaux
Et puisque les peintres, quand tu poses,
Te caressent de leur pinceau
Puisque tes métamorphoses
Me touchent bien moins que tes mots
Je te dirai que rien ne presse
Mais que je partirai bientôt

Puisque tes amitiés funestes
Ne sont que des coups d'épée dans l'eau
Et que tu confonds tout le reste
Avec des symphonies et des sanglots
Et même avec tous tes orchestres
Si tu remontes tes tréteaux
Je te dirai que rien ne presse
Mais que je partirai bientôt

Puisque tu oublies que les routines
Dont on t'afflige sans répit
Ne sont que des manœuvres enfantines
Dont tu t'es facilement sortie
Et puisque tes frères misogynes
T'accusent à raison de folie
Je te dirai que rien ne presse
Mais que je partirai bientôt

Puisque avec tous tes locataires
Tu incinères tes tableaux
Et puisque tu vends sans manières
Les diadèmes dont on t'a fait cadeau
Enfin, puisque avec tes sorcières
Tu me prédis les plus terribles maux
Je te dirai que rien ne presse
Mais que je partirai bientôt {x5}

Me iré pronto

Ya que estás caminando por ahí
Con todo tu Picasso
Y ya que estás entrenando
Dictado y Judo
Y desde cinco veces a la semana
Terminas tus noches en el zoológico
Te diré que no hay prisa
Pero me iré pronto

Ya que estás hablando con rosas
Lenguas anormales
Y desde que los pintores, cuando preguntes
Te acaricia con su pincel
Desde que tus metamorfosis
No me toques mucho menos que tus palabras
Te diré que no hay prisa
Pero me iré pronto

Desde que tus queridas amistades
Son sólo espadas en el agua
Y que confundiste todo lo demás
Con sinfonías y sollozos
E incluso con todas sus orquestas
Si subes tus caballetes
Te diré que no hay prisa
Pero me iré pronto

Ya que te olvidas de que el
Cuyo eres afligido sin respiro
Son sólo maniobras infantiles
De la que fácilmente saliste
Y ya que tus hermanos misóginos
Acusarte de locura
Te diré que no hay prisa
Pero me iré pronto

Ya que con todos sus inquilinos
Crematas tus pinturas
Y ya que vendes sin modales
Las tiaras que te regalamos
Quiero decir, ya que con tus brujas
Me predices los males más terribles
Te diré que no hay prisa
Pero me iré pronto {x5

Escrita por: Francois Renoult, Antoine