La main
La main qui offre une bouchée de pain
Sa main qui appelle à l'aide au loin
Leurs mains qui s'effleurent dans le petit matin
Les mains qui s'arrachent le cœur jusqu'à la fin
Ses mains en prière le jour comme la nuit
Sa main trop petite qui s'accroche à la vie
Les mains qui s'effeuillent à force de tempêtes
Leurs mains en l'air qui ne jurent que par la fête
Ne la lâche pas
Serre-la bien fort
Ne la lâche pas
Serre-la encore
Les mains qui dansent sur le bout des clés
Sa main, un adieu bien trop lourd à porter
Petites mains précieuses brodant au fil doré
Ces mains infatigables qui ne cessent de créer
La main qui sauve des flammes enragées
Ma main dans tes cheveux, sa forêt enchantée
La main contre le sexe trop longtemps désiré
Et celle qui quémande, ouverte mais brisée
Ne la lâche pas
Serre-la bien fort
Ne la lâche pas
Serre-la encore
Les mains qui parlent une langue signée
Qui implorent la chance en relançant les dés
La main qui tremble sans pouvoir se déposer
Celle qui brise l'innocence d'une joue rosée
Les mains qui purgent leur sentence, menottées
Et celles qui dépriment dans un veston usé
La main qui se referme sur un terrible secret
Et celle que l'on demande pour s'unir à jamais
Ne la lâche pas
Serre-la bien fort
Ne la lâche pas
Serre-la encore
Serre-la encore
La mano
La mano que ofrece un pedazo de pan
Su mano que llama a la ayuda desde lejos
Sus manos que se rozan en la madrugada
Las manos que desgarran el corazón hasta el final
Sus manos en oración de día como de noche
Su mano tan pequeña que se aferra a la vida
Las manos que se deshojan por las tormentas
Sus manos al aire que solo juran por la fiesta
No la sueltes
Abrázala bien fuerte
No la sueltes
Abrázala otra vez
Las manos que bailan al borde de las llaves
Su mano, una despedida demasiado pesada de llevar
Pequeñas manos preciosas bordando con hilo dorado
Esas manos incansables que no dejan de crear
La mano que salva de llamas furiosas
Mi mano en tu cabello, su bosque encantado
La mano contra el deseo que se ha prolongado
Y aquella que mendiga, abierta pero rota
No la sueltes
Abrázala bien fuerte
No la sueltes
Abrázala otra vez
Las manos que hablan un lenguaje de señas
Que imploran la suerte al lanzar de nuevo los dados
La mano que tiembla sin poder descansar
Aquella que rompe la inocencia de una mejilla sonrojada
Las manos que purgan su sentencia, esposadas
Y aquellas que se deprimen en un saco desgastado
La mano que se cierra sobre un terrible secreto
Y aquella que se pide para unirse para siempre
No la sueltes
Abrázala bien fuerte
No la sueltes
Abrázala otra vez
Abrázala otra vez
Escrita por: Ariane Moffatt