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¡Ah, los bastardos!

Aristide Bruant

Ah ! Les salauds !

I's sont des tin', i's sont des tas,
Des fils de race et de rastas,
Qui descendent des vieux tableaux,
Ah ! les salauds !

I's sont presque tous décorés,
I's ont des bonn's ball's de curés,
On leur-z'y voit pus les calots,
Ah ! les salauds !

I's sont presque tous mal bâtis ;
I's ont les abattis, trop p'tits
Et des bidons comm' des ballots,
Ah ! les salauds !

Rapport que tous ces dégoûtants
I's pass'nt leur vie, i's pass'nt leur temps
A s'empiffrer des bons boulots,
Ah ! les salauds !

Le soir i's vont dans des salons,
Pour souffler dans leurs pantalons,
Oùsqu' i' s envoy'nt des trémolos,
Ah ! les salauds !

Après i's s'en vont vadrouiller
Picter, pinter, boustifailler,
Et pomper à tous les goulots,
Ah ! les salauds !

Ensuite i's vont dans les endroits
Oùsqu' i' va les ducs et les rois,
Là où qu' y a qu' les volets d' clos,
Ah ! les salauds !

Quand on les rapporte, l' matin,
I's sent'nt la vinasse et l' crottin
Qu'i's ont bu' dans les caboulots,
Ah ! les salauds !

Eh bien ! c'est tous ces cochons-là
Qui font des magn' et du flafla
Et c'est nous qu' i's appell'nt soulauds,
Ah ! les salauds !

I's sont des tin', i's sont des tas,
Des fils de race et de rastas,
Qui descendent des vieux tableaux,
Ah ! les salauds !

¡Ah, los bastardos!

Son unos tipos, son unos tipos,
Hijos de raza y de rastas,
Que descienden de viejos cuadros,
¡Ah, los bastardos!

Casi todos están decorados,
Tienen buenas pelotas de curas,
Ya no se les ve los calzones,
¡Ah, los bastardos!

Casi todos están mal construidos;
Tienen los traseros demasiado pequeños
Y barrigas como sacos,
¡Ah, los bastardos!

A pesar de todo estos repugnantes
Pasando su vida, pasando su tiempo
Atiborrándose de buenos trabajos,
¡Ah, los bastardos!

Por la noche van a salones,
Para inflar sus pantalones,
Donde se mandan trémolos,
¡Ah, los bastardos!

Después van a pasear
Pintar, beber, emborracharse,
Y chupar en todos los cuellos de botella,
¡Ah, los bastardos!

Luego van a lugares
Donde van los duques y los reyes,
Donde solo hay ventanas cerradas,
¡Ah, los bastardos!

Cuando los traen de vuelta, por la mañana,
Huelen a vino y estiércol
Que bebieron en los antros,
¡Ah, los bastardos!

¡Pues bien! Son todos esos cerdos
Que hacen alarde y alboroto
Y nos llaman zánganos,
¡Ah, los bastardos!

Son unos tipos, son unos tipos,
Hijos de raza y de rastas,
Que descienden de viejos cuadros,
¡Ah, los bastardos!

Escrita por: Aristide Bruant