395px

La joven y el comisario

Hugues Aufray

La jeune fille et le commissaire

Il brouillasse, il se fait tard
Le café du vieux port
Tout à l'heure va fermer
Et là-bas, derrière le bar,
Une fille, jeune encore,
Termine sa journée

Un homme entre à cet instant
Et lui dit «Tu m'entends ?
Je veux la vérité !»
Elle sert les derniers clients
Mais l'homme a dit «Petite,
Dis-moi où est ton fiancé»

Il pleut et la rue est obscure
Elle marche vite et l'homme suit derrière
«Je ne sais rien, je vous le jure !
Ah, laissez-moi, Monsieur le Commissaire
Je vous en prie, je n'en peux plus»

L'homme a monté l'escalier
Il est entré chez elle
Il croit qu'elle va parler
«Parle, ou bien je te préviens
Je vais lâcher les chiens !
On va le retrouver !»

Il s'est assis sur le lit
Elle se serre contre lui
Et sanglote tout bas
«Je veux bien vous expliquer
Mais il faut me jurer
Que vous ne le tuerez pas,
Venez demain soir à la gare
Je l'attendrai sur le quai de Paris
Il viendra à minuit un quart
Vous savez tout. Voilà, je vous l'ai dit
Ne partez pas, je suis si seule»

La fille a défait sa robe
Et, nue, s'est allongée
Auprès du policier
La sirène d'un cargo
Lance un adieu sur l'eau
Et glisse dans la nuit

Il brouillasse, il va faire jour
Tandis qu'un homme fuit,
Un flic fait l'amour.

La joven y el comisario

Está nublado, se está haciendo tarde
El café del viejo puerto
En breve cerrará
Y allá, detrás de la barra,
Una chica, aún joven,
Termina su día

Entra un hombre en ese momento
Y le dice '¿Me escuchas?
¡Quiero la verdad!'
Ella atiende a los últimos clientes
Pero el hombre dice 'Pequeña,
Dime dónde está tu prometido'

Llueve y la calle está oscura
Ella camina rápido y el hombre la sigue detrás
'¡No sé nada, lo juro!
¡Ah, déjame en paz, Señor Comisario
Por favor, no puedo más!'

El hombre sube las escaleras
Entra a su casa
Cree que ella va a hablar
'Habla, o te advierto
¡Voy a soltar a los perros!
¡Lo encontraremos!'

Se sienta en la cama
Ella se acurruca junto a él
Y solloza en voz baja
'Estoy dispuesta a explicarles
Pero deben jurarme
Que no lo matarán,
Vengan mañana por la noche a la estación
Lo esperaré en el andén de París
Vendrá a las doce y cuarto
Ya saben todo. Ahí lo tienen, se los dije
No se vayan, estoy tan sola'

La chica se quita el vestido
Y, desnuda, se acuesta
Junto al policía
La sirena de un barco
Lanza un adiós sobre el agua
Y se desliza en la noche

Está nublado, va a amanecer
Mientras un hombre huye,
Un policía hace el amor.

Escrita por: Christian Chevallier / Hugues Aufray / Liliane Konyn