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Como piedras que ruedan

Hugues Aufray

Comme des pierres qui roulent

Je revois ce temps quand belle au vent
Tu jetais en riant aux mendiants quelques sous
On te disait gare petite tu vas trop vite
Tu nous prenais tous pour oui des fous
Tu aimais tant plaisanter
Et te moquer des paumés ça ça t'amusait
Tu parles moins moins qu'hier
Et tu fais moins, bien moins la fière
Quand tu pointes à la cantine

Le coeur en exil
Mais où vont ces files
Ces sans domicile
Cette foule sans nom
Inconnue d'horizon
Ces exclus que l'on foule
Comme des pierres qui roulent

Tu as fait la grande école miss solitude
Mais tu as passé tes études à rêver à te griser
Là-bas personne n'a su t'enseigner à vivre la rue
Aujourd'hui tu te sens nue éperdue
Tu disais moi jamais compromise
Avec ces vagabonds mais surprise là tu réalises
Ah non qu'ils n'échangent pas que des devises
Quand tu vois leurs yeux défaits comme des valises
Et quand tu leur proposes un petit deal
Tendre et fragile

Mais où vont ces files
Ces sans domicile
Cette foule sans nom
Inconnue d'horizon
Ces exclus que l'on foule
Comme des pierres qui roulent

Tu n'as jamais regardé le coeur de ces clowns jongleurs
Quand ils donnaient pour toi tant d'ardeur
Tu n'as jamais su voir où est le vrai bonheur
Et qu'il ne faut jamais compter que sur sa propre oui ferveur
Tu aimais mieux monter le cheval de chrome de ton diplomate
Qui portait à l'épaule une siamoise une acrobate
Mais soudain tu découvres et alors tout se gâte
Non qu'il n'était pas vraiment pour toi l'aristocrate
À qui tu as déjà livré tous tes secrets
Les plus subtils

Mais où vont ces files
Ces sans domicile
Cette foule sans nom
Inconnue d'horizon
Ces exclus que l'on foule
Comme des pierres qui roulent

Princesse de côte d'azur tes amis prestigieux
Buvaient souvent aux victoires et au jeu de tes yeux
Échangeant en cachette les gadgets mystérieux
Qu'il est temps de mettre au clou ou au feu
Oh il le sait bien oui qu'il t'amuse
Ton Napoléon ce gueux aux belles phrases si confuses
Oh va vers lui il t'appelle mais ne lui refuse
Rien quand tu n'as plus rien tu n'as même plus d'excuses
Tu deviens l'invisible aux sondages des listings
D'état civil

Mais où vont ces files
Ces sans domicile
Cette foule sans nom
Inconnue d'horizon
Ces exclus que l'on foule
D'enfants nus dans la houle

Toutes ces épaves qui coulent
Dans un monde qui s'écroule
Sous des pierres qui roulent
Ooh

Como piedras que ruedan

Recuerdo ese tiempo cuando hermosa al viento
Tú lanzabas riendo a los mendigos unas monedas
Te decían cuidado pequeña, vas muy rápido
Nos tomabas a todos por unos locos
Te encantaba bromear
Y burlarte de los perdedores, eso te divertía
Hablas menos, menos que ayer
Y te sientes menos, mucho menos orgullosa
Cuando te presentas en la cantina

El corazón en el exilio
Pero, ¿a dónde van estas filas?
Estos sin hogar
Esta multitud sin nombre
Desconocida de horizonte
Estos excluidos que pisoteamos
Como piedras que ruedan

Fuiste a la gran escuela, señorita soledad
Pero pasaste tus estudios soñando, embriagándote
Allá nadie supo enseñarte a vivir en la calle
Hoy te sientes desnuda, desolada
Decías que nunca te comprometerías
Con esos vagabundos, pero sorpresa, ahí te das cuenta
Ah no, que no solo intercambian divisas
Cuando ves sus ojos deshechos como maletas
Y cuando les ofreces un pequeño trato
Tierno y frágil

Pero, ¿a dónde van estas filas?
Estos sin hogar
Esta multitud sin nombre
Desconocida de horizonte
Estos excluidos que pisoteamos
Como piedras que ruedan

Nunca miraste el corazón de esos payasos malabaristas
Cuando daban por ti tanto fervor
Nunca supiste ver dónde está la verdadera felicidad
Y que nunca hay que contar solo con tu propia fervor
Preferías montar el caballo de cromo de tu diplomático
Que llevaba en el hombro a una siamesa, una acróbata
Pero de repente descubres y entonces todo se arruina
No, que no era realmente para ti el aristócrata
A quien ya le entregaste todos tus secretos
Los más sutiles

Pero, ¿a dónde van estas filas?
Estos sin hogar
Esta multitud sin nombre
Desconocida de horizonte
Estos excluidos que pisoteamos
Como piedras que ruedan

Princesa de la Costa Azul, tus amigos prestigiosos
Solían brindar por las victorias y por el juego de tus ojos
Intercambiando en secreto los gadgets misteriosos
Que es hora de poner en la tienda o al fuego
Oh, él lo sabe bien, sí, que te divierte
Tu Napoleón, ese pobre con bellas frases tan confusas
Oh, ve hacia él, te llama, pero no le niegues
Nada, cuando ya no tienes nada, ni siquiera excusas
Te vuelves invisible en las encuestas de los listados
Del estado civil

Pero, ¿a dónde van estas filas?
Estos sin hogar
Esta multitud sin nombre
Desconocida de horizonte
Estos excluidos que pisoteamos
De niños desnudos en la ola

Todos estos naufragios que se hunden
En un mundo que se desmorona
Bajo piedras que ruedan
Ooh

Escrita por: Hugues Aufray, Bob Dylan