395px

El hombre y el pájaro

Barbara Pravi

L'homme Et L'oiseau

Je les regarde battre des ailes
Ces hirondelles qui te tournent autour
Comme elles se cherchent dans ton regard
Elles qui n'auront pas ton amour
Ça les attire comme la lumière
Ces cœurs comme toi à demi-clos
Mais mon amour, vas-y, dis-leur
Qu'on n'enferme pas les oiseaux

Moi, je t'admire depuis la terre
Voler aux flancs des falaises
Plus je te cherche, plus je te perds
Dans ce ciel de glace et de braise

Toi qui sais des choses qu'on n'sait pas
Comme les fous, comme les enfants
Raconte-moi le monde que tu vois là-haut
Raconte-moi le dedans

Oh, garde-la, ta liberté
Elle est ton long manteau d'hiver
Elle est ta grâce et ton fardeau
Entre l'homme et l'oiseau

J'aime à t'imaginer danser
Au loin dans ce ciel sans limite
Rêver qu'un jour, tu me laisseras épouser
Tes fugues et ta fuite

Je ferai de ton être un otage
Ton corps, tes lèvres et sur ton dos
Mes doigts dessineront des fleuves
Traces de mes griffes sur ta peau

Je t'embrasserai (on s'embrassera)
Avec tant de rage (oh, tant de rage)
Pour que ton corps (pour que tes heures)
Se souvienne (se souvienne)
De ma folie, de mon visage
Que mon abandon te parvienne

Tu pourras boire là sur mes lèvres le désir de retenir la nuit
Jamais plus le jour ne se lèvera pour ne pas déranger nos cris
J'inventerai entre mes courbes des îles pour te réfugier
Quand trop en cage il te faudra reprendre ta liberté
Oh mon amour, mon amour, je sais
Que tu repartiras bientôt
On n'enferme pas les oiseaux

J'ai ouvert mes yeux ce matin
Et tu étais déjà parti
Les rideaux volent en dessin
Sur mes murs blancs un peu jaunis
Comme un soupir, tu as filé
Au beau milieu de notre nuit
Vers quels bras t'es-tu envolé
Vers quelle nouvelle rêverie?

El hombre y el pájaro

Los veo golpear alas
Esas golondrinas que te rodean
Mientras se buscan a sí mismos en tu mirada
Aquellos que no van a tener tu amor
Los atrae como a la luz
Estos corazones como tú medio cerrados
Pero amor mío, adelante, díselo
No encierres a los pájaros

Te admiro desde la tierra
Volando a los flancos del acantilado
Cuanto más te busco, más te pierdo
En este cielo de hielo y brasas

Tú que sabes cosas que no sabemos
Como gente loca, como niños
Háblame del mundo que ves ahí arriba
Dime el interior

Oh, quédate, tu libertad
Es tu abrigo largo de invierno
Ella es tu gracia y tu carga
Entre hombre y pájaro

Me gusta imaginarte bailando
En la distancia en este cielo ilimitado
Soñando que algún día me dejarás casarme
Tu fuga y tu vuelo

Haré que seas un rehén
Tu cuerpo, tus labios y en la espalda
Mis dedos dibujarán ríos
Rastros de mis garras en tu piel

Te besaré (nos besaremos)
Con tanta rabia (oh, tanta rabia)
Para que tu cuerpo (para que tus horas)
Recordar (recordar)
De mi locura, de mi cara
Que mi abandono te llegue

Puedes beber en mis labios el deseo de aguantar por la noche
No volverá a levantarse el día para no molestar nuestros gritos
Inventaré entre mis curvas de las islas para refugiarme
Cuando estés demasiado enjaulado, tendrás que recuperar tu libertad
Oh amor mío, amor mío, lo sé
Que te irás pronto
No cerramos a los pájaros

Abrí los ojos esta mañana
Y ya te habías ido
Cortinas vuelan en dibujo
En mis paredes blancas un poco amarillentas
Como un suspiro, te fuiste
En medio de nuestra noche
¿A qué brazos volaste?
¿Hacia qué nueva ensoñación?

Escrita por: