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Ven

Barbara Weldens

Viens

Viens, j'ai envie qu'on s'en aille
Et qu'on laisse derrière nous le chaos du passé

Viens, et fuyons les batailles
Et les regards jaloux
Qu'il nous faut emprunter

Viens, oublions que nos cœurs ont déjà traversé
Milles chemins délabrés

Viens, j'affiche à mon compteur
La moitié du trajet
Je n'ai rien vu passer

Viens, on a brulé tout le bois qu'il y avait à bruler
Et l'hiver va durer

Viens, il n y a plus rien je crois
Dans ce foutu passé
Qui puisse nous réchauffer

Viens, et suivons le soleil
Dans sa course effrénée
Indifférent soleil

Viens, car plus rien n'est pareil
Je veux recommencer
Avec toi dans mes ailes

Viens, c'est aujourd'hui le jour de notre premier jour
De notre nouvelle vie

Viens, je crois, que par amour je peux mourir hier
Et renaitre à l'envie

Viens, les amoureux s'exilent
C'est comme ça dans les films quand les histoires commencent

Viens, car les amants habilles comprennent
Que l'amour file, c'est pour ça qu'il avancent

Viens, il faut tout inventer, il nous faut du courage
Et du cœur à l'ouvrage

Viens, je suis encore curieuse
Et j'ai encore la rage
Je ne suis pas déjà sage

Viens, et pourvu que l'on s'use
Et pourvu que l'on s'aime et pourvu que l'on jouisse

Viens et pourvu qu'on s'amuse comme deux cabris têtus
Au bord du précipice

Viens, ne sens-tu pas venir ce vent qui nous emporte
Et tiens-toi face à lui

Viens, n'est-ce pas bon de sortir
Quand on ouvre la porte, ce vertige infini

Viens, c'est vrai c'est trop puissant
C'est comme d'ouvrir une vanne et de laisser couler

Viens, c'est vrai c'est effrayant
Nous ne sommes qu'un feu de paille
Mais faut pas y penser

Viens, pardon
Y'a des matins comme ça je sens la terre qui tourne
Toute seule sous mes pieds

Viens, pardon je n'y peux rien je me sens trop légère
Il faudrait me lester

Viens, viens au creux de ma chair
Et colle-moi un voyage
Jusqu’au fond des entrailles

Viens, prends-moi toute entière
Vient dans mon naufrage
Allonge-toi sur mes rails

Viens

Ven

Ven, tengo ganas de que nos vayamos
Y dejemos atrás el caos del pasado

Ven, y huyamos de las batallas
Y de las miradas celosas
Que debemos atravesar

Ven, olvidemos que nuestros corazones ya han cruzado
Mil caminos destrozados

Ven, tengo en mi contador
La mitad del trayecto
No he visto nada pasar

Ven, hemos quemado toda la leña que había que quemar
Y el invierno va a durar

Ven, creo que ya no hay nada
En este maldito pasado
Que pueda calentarnos

Ven, y sigamos al sol
En su carrera desenfrenada
Solitario sol

Ven, porque nada es igual
Quiero empezar de nuevo
Contigo en mis alas

Ven, hoy es el día de nuestro primer día
De nuestra nueva vida

Ven, creo que por amor puedo morir ayer
Y renacer con ganas

Ven, los enamorados se exilian
Así es en las películas cuando comienzan las historias

Ven, porque los amantes vestidos entienden
Que el amor se escapa, por eso avanzan

Ven, hay que inventarlo todo, necesitamos valor
Y corazón en la obra

Ven, aún tengo curiosidad
Y todavía tengo rabia
No soy tan sabia

Ven, y ojalá que nos desgastemos
Y ojalá que nos amemos y ojalá que disfrutemos

Ven y ojalá que nos divirtamos como dos cabritos tercos
Al borde del precipicio

Ven, ¿no sientes venir este viento que nos lleva?
Y mantente frente a él

Ven, ¿no es bueno salir?
Cuando abrimos la puerta, este vértigo infinito

Ven, es cierto, es demasiado poderoso
Es como abrir una válvula y dejar fluir

Ven, es cierto, es aterrador
No somos más que un fuego de paja
Pero no hay que pensarlo

Ven, perdón
Hay mañanas como esta que siento la tierra girar
Sola bajo mis pies

Ven, perdón, no puedo evitarlo, me siento tan ligera
Deberían ponerme peso

Ven, ven al hueco de mi carne
Y dame un viaje
Hasta lo más profundo de mis entrañas

Ven, tómame por completo
Ven en mi naufragio
Acostado sobre mis rieles

Ven

Escrita por: Barbara Weldens