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Lamento

Alain Barrière

Lamento

S'il revenait de faire en moi le bilan
De voir ce qu'il reste de mes rêves d'enfants
Je crois qu'à tout prendre il me vient un regret
Ce droit ce pouvoir que personne n'eut jamais
Oui cette vie-là qu'un jour on m'a concédée
À deux êtres au moins j'aurais voulu la donner
Oh, oh, oh, oh

Passant par l'Espagne j'aurais voulu dire encore
Un dernier adieu au merveilleux matador
Mais celui que j'aimais ne jouait pas de l'épée
Il chantait l'Espagne et les nuits chaudes et l'été
Que par les montagnes se répercute l'écho
L'Andalousie pleure entend-là Federico
Oh, oh, oh, oh

J'avais un ami de l'autre côté des mers
L'un des derniers justes il allait droit le front fier
Mais dans ce monde fou dès qu'une étoile paraît
Cela suffit bien pour qu'on l'éteigne à jamais
Quand le berger tombe piétiné par les brebis
Vois que nos mains tremblent à ton nom John Kennedy
Oh, oh, oh, oh

Tout cela n'est rien si déjà je pouvais croire
En nos lendemains sans me raconter d'histoire
Mais, mais s'il fut des hommes donc la sagesse étonnait
Notre pauvre monde s'en éloigne à jamais
Et la guerre dure à tout ce que l'on m'a dit
Depuis tant de siècles mais on a donc rien compris
Oh, oh, oh, oh

Lamento

Si regresara a hacer en mí el balance
De ver lo que queda de mis sueños de niño
Creo que a fin de cuentas me viene un lamento
Este derecho, este poder que nadie tuvo jamás
Sí, esta vida que un día me fue concedida
A al menos dos seres la hubiera querido dar
Oh, oh, oh, oh

Pasando por España, hubiera querido decir aún
Un último adiós al maravilloso matador
Pero aquel a quien amaba no empuñaba la espada
Cantaba sobre España, las noches calurosas y el verano
Que por las montañas se repercute el eco
Andalucía llora, escucha a Federico
Oh, oh, oh, oh

Tenía un amigo al otro lado de los mares
Uno de los últimos justos, iba con la frente en alto
Pero en este mundo loco, en cuanto aparece una estrella
Eso es suficiente para que la apaguemos para siempre
Cuando el pastor cae pisoteado por las ovejas
Ve que nuestras manos tiemblan al oír tu nombre, John Kennedy
Oh, oh, oh, oh

Todo esto no es nada si ya pudiera creer
En nuestros mañanas sin contarme historias
Pero, pero si hubo hombres cuya sabiduría sorprendía
Nuestro pobre mundo se aleja de eso para siempre
Y la guerra dura, todo lo que me han dicho
Desde hace tantos siglos, pero entonces no hemos entendido nada
Oh, oh, oh, oh

Escrita por: Alain Barrière