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Rueda

Bartone

Roule

Après trois semaines estivales, avec la plage pour maison,
Après trois semaines estivales, à jouer au couple de robinson,
Trois semaines !
Il va nous falloir retourner à nos horaires à la con,
Il va nous falloir recourber la tête dans le guidon,
Trois semaines...

On en sniffe de la ligne blanche,
On en bouffe du macadam
Du travail vers les vacances
Et puis des vacances au travail,
Allez roule, roule.

On croise ceux qui ont de la chance
D'être aoûtiens, dans l'autre sens :
Eux descendent vers la mer,
Nous sur le sentier de la guerre,
Allez roule, roule.

On en avale de l'autoroute,
Jusqu'à ce que l'oeil s'accoutume
Au diagramme des taches de mazout,
Joli motif sur le bitume,
Stop !

Pause café et pétrole, toilettes et bonbons menthol,
Pendant que je claque la portière, je te vois qui rêvasse,
Sur la plage arrière, nos deux pull-overs s'entrelacent,
On joue au couple de cinéma : à nos trousses, la c.i.a.

De retour dans l'habitacle,
Le soir tombe, on se sent bien,
Les yeux rivés sur le spectacle
Des feux arrières d'autres humains,
Allez roule, roule.

On en sniffe de la ligne blanche,
Ça défile comme un cardiogramme.
Elles nous apaisent, ces petites errances :
Calme plat sur nos états d'âme,
Allez roule.

Par ta vitre entrouverte,
Un peu d'air tiède pénètre,
Je l'ai vu soulever ta robe d'été
Pour une seconde d'éternité,
Allez roule.

Rueda

Después de tres semanas de verano, con la playa como hogar,
Después de tres semanas de verano, jugando a ser la pareja de Robinson,
Tres semanas!
Tendremos que volver a nuestra rutina de mierda,
Tendremos que agachar la cabeza y seguir adelante,
Tres semanas...

Aspiramos la línea blanca,
Comemos asfalto,
Del trabajo a las vacaciones
Y luego de las vacaciones al trabajo,
Vamos, rueda, rueda.

Nos cruzamos con los afortunados
Que son de agosto, en sentido contrario:
Ellos bajan hacia el mar,
Nosotros en el camino de la guerra,
Vamos, rueda, rueda.

Devoramos la autopista,
Hasta que el ojo se acostumbra
Al diagrama de manchas de aceite,
Bonito patrón en el asfalto,
¡Alto!

Pausa para café y gasolina, baño y caramelos mentolados,
Mientras cierro la puerta de golpe, te veo soñando despierto,
En la parte trasera, nuestros dos suéteres se entrelazan,
Jugamos a ser una pareja de cine: la c.i.a. tras nosotros.

De vuelta en el habitáculo,
La noche cae, nos sentimos bien,
Con los ojos fijos en el espectáculo
De las luces traseras de otros humanos,
Vamos, rueda, rueda.

Aspiramos la línea blanca,
Pasa como un electrocardiograma.
Nos calman, esas pequeñas divagaciones:
Calma en nuestros estados de ánimo,
Vamos, rueda.

Por tu ventana entreabierta,
Un poco de aire cálido entra,
Te vi levantar tu vestido de verano
Por un segundo de eternidad,
Vamos, rueda.

Escrita por: A. Barrailler / E. Tostain