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Orfebre de lo inútil

Axel Bauer

Orfèvre de l'inutile

Ne suis-je qu'un homme de paille
Entre tes mains et tes humeurs?
Homme de papier, carbone plié dans ton feuillage
Ne suis-je qu'un épouvantail
Dans ce jardin sans fleur
Homme sans abri, sans plus d'ami qu'un chien des rues

Ne suis-je pour toi qu'un orfèvre de l'inutile
Un style décousu à tes doigts d'argile?
Ne suis-je pour toi qu'un terne rubis
Un caillou dans la poussière pierre sans lumière?

Pierre sans lumière, je cherche ces folles rivières
Ces rapides éphémères
Où j'aimais flotter tel une loutre aux belles manières
Je laisse les alizés, les insolents t'emporter
Je dormirai là dans ce lit glacé de paille

Ne suis-je pour toi qu'un orfèvre de l'inutile
Un style décousu à tes doigts d'argile?
Ne suis-je pour toi qu'un terne rubis
Un caillou dans la poussière pierre sans lumière?

Ne suis-je pour toi qu'un joaillier en vrille?
Un lapis-lazuli sur un tas d'orties?

Ne suis-je qu'un homme de paille
Entre tes mains et tes humeurs?
Homme de papier, carbone plié dans ton feuillage

Orfebre de lo inútil

¿No soy más que un hombre de paja
entre tus manos y tus humores?
Hombre de papel, carbón doblado en tu follaje
¿No soy más que un espantapájaros
en este jardín sin flores?
Hombre sin refugio, sin más amigo que un perro callejero

¿No soy para ti más que un orfebre de lo inútil?
¿Un estilo deshilachado en tus dedos de arcilla?
¿No soy para ti más que un rubí opaco?
¿Una piedra en la tierra, piedra sin luz?

Piedra sin luz, busco esos ríos locos
esos rápidos efímeros
donde solía flotar como una nutria con buenos modales.
Dejo que los alisios, los insolentes, te lleven
me dormiré ahí en esta cama helada de paja.

¿No soy para ti más que un orfebre de lo inútil?
¿Un estilo deshilachado en tus dedos de arcilla?
¿No soy para ti más que un rubí opaco?
¿Una piedra en la tierra, piedra sin luz?

¿No soy para ti más que un joyero en espiral?
¿Un lapislázuli sobre un montón de ortigas?

¿No soy más que un hombre de paja
entre tus manos y tus humores?
Hombre de papel, carbón doblado en tu follaje.

Escrita por: Marcel Kanche