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El dramita

Bénabar

Le dramelet

Le compte à rebours était lancé depuis déjà plusieurs mois
On dirait que tu serais plus la maman et que moi je serais plus le papa
On était devenus colocataires
Compagnons de cellule pensionnaires

On assurait le service minimum du couple
Mais après le film on faisait plus beaucoup d'heures sup
Parodie de paradis fermons les guillemets
Sur cette minuscule tragédie sur ce dramelet

On voulait vivre souviens-toi comme dans une pub pour le café
Dans une maison aux couleurs vives toujours ensoleillée
Les dents super blanches et les chemises hyper bien repassées
Plein d'amis mannequins qui seraient venus dîner

Ça s'est vite transformé en sujet du 19/20
Sur la misère amoureuse des jeunes citadins
Tant pis pour l'enfant dont on ne sera pas les parents
Orphelin prénatal c'est un vrai scandale

La machine à voyager dans le temps c'est nous
Elle est bloquée en marche avant c'est fini un point c'est tout

Tu sanglotes tu blêmis à présent qu'a sonné l'heure
Elle est super cette phrase j' suis balaise comme auteur
Tu souris pourtant tu trouves ça triste
T'approuves mais tu regrettes c'est ton côté socialiste

Tu retourneras te faire chier à Venise avec un autre que moi
Il y aura j'espère une autre fille qui me traînera chez Ikea
Tu m'en diras du bien que c'est une fille pour moi
Je mendierai la preuve la preuve que tu le penses pas
Tant pis pour Cupidon qui nous comparait déjà
À Paul et Virginie à César et Rosalie à Ken et Barbie!

Faut aimer son prochain comme soi-même
Moi je prendrai soin d'aimer ma prochaine

El dramita

La cuenta regresiva ya había comenzado desde hace varios meses
Parece que tú serías más la mamá y que yo sería más el papá
Nos habíamos vuelto compañeros de cuarto
Camaradas de celda, inquilinos

Cumplíamos con el servicio mínimo de pareja
Pero después de la película ya no hacíamos muchas horas extra
Parodia de paraíso, cerremos las comillas
Sobre esta minúscula tragedia, sobre este dramita

Queríamos vivir, recuerda, como en un comercial de café
En una casa de colores vivos, siempre soleada
Con dientes súper blancos y camisas bien planchadas
Llenos de amigos modelos que vendrían a cenar

Eso se transformó rápido en tema del noticiero
Sobre la miseria amorosa de los jóvenes citadinos
Qué pena por el niño del que no seremos los padres
Huérfano prenatal, es un verdadero escándalo

La máquina del tiempo somos nosotros
Está atascada en marcha adelante, se acabó, así de simple

Tú sollozas, palideces ahora que ha sonado la hora
Esa frase está genial, soy un crack como autor
Sonríes, sin embargo, te parece triste
Asientes, pero te arrepientes, es tu lado socialista

Regresarás a aburrirte a Venecia con otro que no soy yo
Espero que haya otra chica que me lleve a Ikea
Me dirás que es buena, que es una chica para mí
Yo mendigaré la prueba, la prueba de que no lo piensas
Qué pena por Cupido que ya nos comparaba
A Paul y Virginie, a César y Rosalie, a Ken y Barbie!

Hay que amar al prójimo como a uno mismo
Yo me encargaré de amar a mi próxima

Escrita por: Bruno Nicolini