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Mamadou me dijo

Béranger François

Mamadou m'a dit

Mamadou m'a dit
Mamadou m'a dit
On a pressé le citron
On peut jeter la peau

Les citrons, c'est les négros
Tous les bronzés d'Afrique
Sénégal, Mauritanie
Haute-Volta, Togo, Mali
Côte d'Ivoire et Guinée
Bénin, Maroc, Algérie
Cameroun et tutti quanti

Les colons sont partis avec des flons-flons
Des discours solennels, des bénédictions
Chaque peuple, c'est normal, dispose de lui-même
Et doit s'épanouir dans l'harmonie
Une fois qu'on l'a saigné aux quatre veines
Qu'on l'a bien ratissé et qu'on lui a tout pris

Les colons sont partis
Ils ont mis à leur place
Une nouvelle élite
Des noirs bien blanchis
Le monde blanc rigole
Les nouveaux c'est bizarre
Sont pires que les anciens
C'est sûrement un hasard

Le monde blanc rigole quand un petit sergent
Se fait sacrer empereur avec mille glorioles
Après tout, c'est pas grave, du moment que les terres
Produisent pour les blancs ce qui est nécessaire
Le coton, l'arachide, le sucre, le cacao
Remplissent les bateaux saturent les entrepôts

Après tout, c'est pas grave
Les colons sont partis
Que l'Afrique se démerde
Que les paysans crèvent
Les colons sont partis
Avec dans leurs bagages
Quelques bateaux d'esclaves
Pour ne pas perdre la main

Quelques bateaux d'esclaves pour balayer les rues
Ils se ressemblent tous avec leur passe-montagne
Ils ont froid à la peau et encore plus au cœur
Là-bas, c'est la famine et ici la misère
Et comme il faut parfois manger et puis dormir
Dans les foyers taudis on vit dans le sordide

Et puis un jour la crise
Nous envahit aussi
Qu'on les renvoie chez eux
Ils seront plus heureux
Qu'on leur donne un pourboire
Faut être libéral
Et quant à ceux qui râlent
Un bon coup de pied au cul

Vous comprenez, Monsieur, c'est quand pas normal
Ils nous bouffent notre pain, ils reluquent nos femmes
Qu'ils retournent faire les singes dans leurs cocotiers
Tous nos bons nègres à nous qu'on a si bien soignés
Et puis, c'qui est certain, c'est qu'un rien les amuse
Ils sont toujours à rire ce sont de vrais gamins

Mamadou me dijo

Mamadou me dijo
Mamadou me dijo
Exprimieron el limón
Se puede tirar la cáscara

Los limones, son los negros
Todos los bronceados de África
Senegal, Mauritania
Alto Volta, Togo, Mali
Costa de Marfil y Guinea
Benín, Marruecos, Argelia
Camerún y todos los demás

Los colonos se fueron con sus fanfarrias
Discursos solemnes, bendiciones
Cada pueblo, es normal, tiene su propio destino
Y debe florecer en armonía
Una vez que lo han exprimido hasta la última gota
Lo han saqueado bien y le han quitado todo

Los colonos se fueron
Pusieron en su lugar
Una nueva élite
Negros bien blanqueados
El mundo blanco se ríe
Los nuevos son extraños
Son peores que los antiguos
Seguro que es una casualidad

El mundo blanco se ríe cuando un pequeño sargento
Es coronado emperador con mil glorias
Después de todo, no importa, mientras las tierras
Produzcan para los blancos lo necesario
El algodón, el maní, el azúcar, el cacao
Llenan los barcos saturan los almacenes

Después de todo, no importa
Los colonos se fueron
Que África se las arregle
Que los campesinos mueran
Los colonos se fueron
Con sus maletas
Algunos barcos de esclavos
Para no perder la costumbre

Algunos barcos de esclavos para barrer las calles
Todos se parecen con sus pasamontañas
Tienen frío en la piel y aún más en el corazón
Allá hay hambre y aquí miseria
Y como a veces hay que comer y luego dormir
En hogares miserables se vive en lo sórdido

Y un día la crisis
También nos invade
Que los manden de vuelta a casa
Estarán más felices
Darles una propina
Hay que ser generoso
Y a los que se quejan
Un buen puntapié en el trasero

¿Entiende, señor, que no es normal?
Se comen nuestro pan, miran a nuestras mujeres
Que vuelvan a hacer el mono en sus palmeras
Todos nuestros buenos negros a los que cuidamos tan bien
Y lo que es seguro, es que se divierten con cualquier cosa
Siempre están riendo, son unos verdaderos niños

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