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Max

Jane Birkin

Max

Il était à genoux devant moi, et je ne touchais pas ses cheveux
Le visage qui m'avait commandé, et ordonné tant de fois était dans la rue
Le dos qui était si supérieur, était courbé
Et je n'ai pas eu un geste de compassion, pas une main vers lui
J'étais un monstre, un monstre

À quelle distance s'enfuir, pour ne plus entendre le vrai
Trop tard pour la pitié, et trop tard pour parler
Mon ombre atroce s'est décollée de moi, et elle me fait peur
Si je sais rien faire, je sais faire peur

Je crois même que j'ai su ce que c'était la cruauté, ou le plaisir de faire mal
Une vengeance contre les années de soumission, de complexe d'infériorité
J'étais comme un pays Africain qui se libère
Trop tard pour la pitié, trop tard pour parler
Il était comme une blessure ouverte et j'ai tourné le dos
Pour ne pas le voir, pour ne pas le voir

À quelle distance s'enfuir, pour ne plus entendre pleurer
Trop tard pour la pitié, et trop tard pour parler
Mon ombre atroce s'est décollée de moi, et elle me fait peur
Si je sais rien faire, je sais faire peur

À quelle distance on n'entend plus pleurer
Je me suis mise à cette distance exacte pour ne plus t'entendre pleurer
Pour ne plus t'entendre pleurer
Pour ne plus t'entendre pleurer

Max

Estaba de rodillas frente a mí, y no tocaba su cabello
El rostro que me había mandado, y ordenado tantas veces estaba en la calle
La espalda que era tan superior, estaba encorvada
Y no tuve un gesto de compasión, ni una mano hacia él
Era un monstruo, un monstruo

¿A qué distancia huir, para no escuchar más la verdad?
Demasiado tarde para la piedad, y demasiado tarde para hablar
Mi sombra atroz se despegó de mí, y me da miedo
Si no sé hacer nada, sé hacer miedo

Incluso creo que supe lo que era la crueldad, o el placer de hacer daño
Una venganza contra los años de sumisión, de complejo de inferioridad
Era como un país africano que se libera
Demasiado tarde para la piedad, demasiado tarde para hablar
Él era como una herida abierta y le di la espalda
Para no verlo, para no verlo

¿A qué distancia huir, para no escuchar más llorar?
Demasiado tarde para la piedad, y demasiado tarde para hablar
Mi sombra atroz se despegó de mí, y me da miedo
Si no sé hacer nada, sé hacer miedo

¿A qué distancia ya no se escucha llorar?
Me puse a esa distancia exacta para no escucharte llorar
Para no escucharte llorar
Para no escucharte llorar

Escrita por: Jean-Louis Piérot / Etienne Daho