Le Mot De Billet
Un, deux, trois, quatre, il est bientôt huit heures
L'brave artisan a quitté l'établi
Après une rude journée de labeur
Il est content de retourner chez lui
Un, deux, trois, quatre, il monte quatre à quatre
Les escaliers du modeste logis
Il entre... personne... son cœur cesse de battre
La pièce est vide, il a déjà compris
Un petit mot d'billet déposé sur l'fourneau
Mais sans même le lire, il crie dans un sanglot.
J'ai réchauffé un serpent dans mon sein
J'ai réchauffé un serpent dans mon sein
Pendant ma vie toute entière
Oui dans mon sein, oui dans mon sein
Oui dans mon sein, dans mon sein
J'ai réchauffé (- Quoi donc ?) une vipère.
Un, deux, trois, quatre, il est bientôt dix heures.
Le pauvre homme est toujours là prosterné
Le mot d'billet, cause de sa douleur,
Y veut même pas en lire le libellé
Un, deux, trois, quatre, il revoit en vitesse
Son existence gâchée par ce papier.
Puis il prend un revolver, il le presse
Sur sa poitrine et pan... il a tiré !
Mais voici que soudain du petit trou sanglant
Une vipère sort qui dit en ricanant :
Il réchauffait un serpent sur son sein
Il réchauffait un serpent sur son sein
Pendant sa vie tout entière
Oui dans son sein oui dans son sein
Oui dans son sein, dans son sein
Il réchauffait (- Quoi donc ?) une vipère.
Un, deux, trois, quatre et les heures s'écoulent,
Comme il est mort, il n's'en aperçoit pas
Mais une fillette voyant le sang qui coule
En d'ssous d'la porte va prév'nir son papa (- maman !)
Un, deux, trois, quatre, ils sont bientôt quarante
Quelqu'un s'empare du mot que nul n'a lu
L'ouvre en tremblant, le lit d'une voix lente
Et tous comprennent l'affreux malentendu
Car la lettre homicide le petit mot d'billet
Posé sur le fourneau simplement lui disait
Fais réchauffer les patates au gratin
Fais réchauffer les patates au gratin
La viande est dans la glacière
Moi je rentre vers minuit vingt
J'suis au cinéma du coin
J'ai été voir (- Quoi donc ?) Edwige Feuillère
La Palabra Del Billete
Un, dos, tres, cuatro, pronto serán las ocho
El valiente artesano dejó su puesto de trabajo
Después de un duro día de labor
Está contento de volver a casa
Un, dos, tres, cuatro, sube de a cuatro
Las escaleras de su modesta morada
Entra... nadie... su corazón deja de latir
La habitación está vacía, ya ha entendido
Una pequeña palabra de billete dejada en la estufa
Pero sin siquiera leerlo, grita entre sollozos.
Calenté una serpiente en mi seno
Calenté una serpiente en mi seno
Durante toda mi vida
Sí, en mi seno, sí, en mi seno
Sí, en mi seno, en mi seno
Calenté (- ¿Qué cosa?) una víbora.
Un, dos, tres, cuatro, pronto serán las diez
El pobre hombre sigue postrado allí
La palabra del billete, causa de su dolor
Ni siquiera quiere leer su contenido
Un, dos, tres, cuatro, repasa rápidamente
Su existencia arruinada por ese papel
Luego toma un revólver, lo presiona
Contra su pecho y ¡pan!... ha disparado
Pero de repente del pequeño agujero sangriento
Sale una víbora que dice riendo.
Él calentaba una serpiente en su seno
Él calentaba una serpiente en su seno
Durante toda su vida
Sí, en su seno, sí, en su seno
Sí, en su seno, en su seno
Él calentaba (- ¿Qué cosa?) una víbora.
Un, dos, tres, cuatro y las horas pasan
Como está muerto, no se da cuenta
Pero una niña al ver la sangre que corre
Debajo de la puerta va a avisar a su papá (- mamá)
Un, dos, tres, cuatro, pronto serán cuarenta
Alguien agarra la palabra que nadie ha leído
La abre temblando, la lee en voz baja
Y todos entienden el terrible malentendido
Porque la carta homicida, la pequeña palabra del billete
Dejada en la estufa, simplemente le decía
Haz calentar las papas gratinadas
Haz calentar las papas gratinadas
La carne está en la nevera
Yo regreso cerca de la medianoche veinte
Estoy en el cine de la esquina
Fui a ver (- ¿Qué cosa?) Edwige Feuillère