Vieux Frère
Ce fut bien le plus beau
Qui navigua sur l'eau,
Vieux frère.
Nos mains l'avaient construit,
Nos cœurs l'avaient poli
Et dieu l'avait béni,
Vieux frère.
Gréé de notre joie,
Armé de notre foi,
Il était toi et moi,
Vieux frère.
Nous l'avions baptisé,
Simplement, " l'amitié ",
Tu parles d'un voilier,
Vieux frère.
Sur tous les océans,
Par marées et par vents,
Nous avions fait serment,
Vieux frère.
De le conduire au port,
Jusqu'à l'heure de la mort.
On se croyait très forts,
Vieux frère.
Sur le pont apparut
Une sirène nue,
Tous deux l'avons voulue,
Vieux frère.
N'ayant plus de marins,
Notre bateau chagrin
Chercha son port en vain,
Vieux frère.
Capitaines sans honneur,
Nous l'avons abandonné,
Comme des fous, des fous...
Capitaines de malheur,
Avons cent fois mérité
La corde au cou, la corde au cou...
Nous avions un bateau,
Ce fut bien le plus beau
Qui navigua sur l'eau,
Vieux frère.
Nous l'avions sans chercher,
Baptisé " l'amitié ".
Adieu notre voilier,
Vieux frère.
Viejo Hermano
Fue realmente el más hermoso
Que navegó sobre el agua,
Viejo hermano.
Nuestras manos lo construyeron,
Nuestros corazones lo pulieron
Y Dios lo bendijo,
Viejo hermano.
Ataviado con nuestra alegría,
Armado con nuestra fe,
Era tú y yo,
Viejo hermano.
Lo bautizamos
Simplemente como 'la amistad',
Qué velero, ¿verdad?,
Viejo hermano.
En todos los océanos,
Por mareas y vientos,
Hicimos un juramento,
Viejo hermano.
De llevarlo al puerto,
Hasta la hora de la muerte.
Nos creíamos muy fuertes,
Viejo hermano.
En la cubierta apareció
Una sirena desnuda,
Ambos la quisimos,
Viejo hermano.
Sin marineros ya,
Nuestro barco triste
Buscó en vano su puerto,
Viejo hermano.
Capitanes sin honor,
Lo abandonamos,
Como locos, locos...
Capitanes de desgracia,
Merecimos cien veces
La soga al cuello, la soga al cuello...
Teníamos un barco,
Fue realmente el más hermoso
Que navegó sobre el agua,
Viejo hermano.
Lo bautizamos sin buscarlo,
Como 'la amistad'.
Adiós nuestro velero,
Viejo hermano.