Je bivouaque au pays de Cocagne
Une rue sans joie où les sbires
Tout seuls ne s'aventurent pas
Un coupe-gorge et même pire
La venelle où traînaient mes pas!
Mais j'avais mangé du poète
Je marchais un peu sur la tête
Et cett' rue je l'ai traversée
Comm' l'avenue des Champs-Élysées
Je bivouaque au
Pays de Co
Cagne depuis
Que j'ai bouté
La vérité
Au fond du puits
Beauté du diable et qui n'inspire
Pas l'envie d'aller en sabbat
Épouvantail et même pire
La vénus m'offrant ses appas!
Mais j'avais mangé du poète
Je marchais un peu sur la tête
Et j'ai changé cette petite
En une Vénus Aphrodite
Je bivouaque au
Pays de Co
Cagne depuis
Que j'ai bouté
La vérité
Au fond du puits
Quatre anges déchus qui soupirent
Si peu qu'on ne les entend pas
Jamais étreinte ne fut pire
Jamais amour vola si bas!
Mais j'avais mangé du poète
Je marchais un peu sur la tête
Et quittant doucement la terre
Je fus à bon port à Cythère
Je bivouaque au
Pays de Co
Cagne depuis
Que j'ai bouté
La vérité
Au fond du puits
Acampando en el país de la abundancia
Una calle sin alegría donde los matones
No se atreven a entrar solos
Un callejón oscuro y aún peor
La vereda donde mis pasos vagaban!
Pero había comido del poeta
Caminaba un poco en las nubes
Y esta calle la crucé
Como la avenida de los Campos Elíseos
Acampando en el
País de la
Abundancia desde
Que he echado
La verdad
Al fondo del pozo
Belleza del diablo que no inspira
Ninguna gana de ir a un aquelarre
Espantapájaros y aún peor
La Venus ofreciéndome sus encantos!
Pero había comido del poeta
Caminaba un poco en las nubes
Y transformé a esta pequeña
En una Venus Afrodita
Acampando en el
País de la
Abundancia desde
Que he echado
La verdad
Al fondo del pozo
Cuatro ángeles caídos que suspiran
Tan poco que no se les oye
Nunca un abrazo fue tan malo
Nunca el amor cayó tan bajo!
Pero había comido del poeta
Caminaba un poco en las nubes
Y dejando suavemente la tierra
Llegué a buen puerto en Cítera
Acampando en el
País de la
Abundancia desde
Que he echado
La verdad
Al fondo del pozo
Escrita por: Georges Brassens