395px

La chica de los cien centavos

Georges Brassens

La fille à cent sous

Du temps que je vivais dans le troisième dessous
Ivrogne, immonde, infâme
Un plus soûlaud que moi, contre une pièce de cent sous
M'avait vendu sa femme

Quand je l'eus mise au lit, quand j'voulus l'étrenner
Quand j'fis voler sa jupe
Il m'apparut alors que j'avais été berné
Dans un marché de dupe

Remballe tes os, ma mie, et garde tes appas
Tu es bien trop maigrelette
Je suis un bon vivant, ça ne me concerne pas
D'étreindre des squelettes

Retourne à ton mari, qu'il garde les cent sous
Je n'en fais pas une affaire
Mais elle me répondit, le regard en dessous
C'est vous que je préfère

J'suis pas bien grosse, fit-elle, d'une voix qui se noue
Mais ce n'est pas ma faute
Alors, moi, tout ému, j'la pris sur mes genoux
Pour lui compter les côtes

Toi que j'ai payé cent sous, dis-moi quel est ton nom
Ton petit nom de baptême
Je m'appelle Ninette eh bien, pauvre Ninon
Console-toi, je t'aime

Et ce brave sac d'os dont j'n'avais pas voulu
Même pour une thune
M'est entré dans le cœur et n'en sortirait plus
Pour toute une fortune

Du temps que je vivais dans le troisième dessous
Ivrogne, immonde, infâme
Un plus soûlaud que moi, contre une pièce de cent sous
M'avait vendu sa femme

La chica de los cien centavos

Cuando vivía en el tercer sótano
Borracho, sucio, infame
Alguien más borracho que yo, por cien centavos
Me vendió a su esposa

Cuando la puse a dormir, cuando quise domarla
Cuando hice volar su falda
Entonces me di cuenta de que me habían engañado
En un trato de tontos

Guarda tus huesos, querida, y quédate con tus encantos
Estás demasiado delgada
Soy un bon vivant, no me preocupa
Abrazar esqueletos

Vuelve con tu marido y deja que se quede con los cien sueldos
No le doy mucha importancia
Pero ella me respondió, con la mirada hacia abajo
Eres a quien prefiero

No estoy muy gorda, dijo con la voz más gruesa
Pero no es mi culpa
Entonces yo, conmovido, la tomé sobre mis rodillas
Para contar sus costillas

Tú, a quien pagué cien sueldos, dime cuál es tu nombre
Tu nombre de pila
Mi nombre es Ninette, bueno, pobre Ninon
Consuélate, te amo

Y este valiente saco de huesos que no quería
Incluso por un centavo
Entró en mi corazón y nunca más volvería a salir
Por toda una fortuna

Cuando vivía en el tercer sótano
Borracho, sucio, infame
Alguien más borracho que yo, por cien centavos
Me vendió a su esposa

Escrita por: Georges Brassens