395px

El progreso

Georges Brassens

Le progrès

Que le progrès soit salutaire
C'est entendu, c'est entendu
Mais ils feraient mieux de se taire
Ceux qui dis'nt que le presbytère
De son charme du vieux temps passé n'a rien perdu
N'a rien perdu

Supplantés par des betteraves
Les beaux lilas! Les beaux lilas!
Sans mentir, il faut être un brave
Fourbe pour dire d'un ton grave
Que le jardin du curé garde tout son éclat
Tout son éclat

Entre les tours monumentales
Toujours croissant, toujours croissant
Qui cherche sa maison natale
Se perd comme dans un dédale
Au mal du pays, plus aucun remède à présent
Remède à présent

C'est de la malice certaine
C'est inhumain! C'est inhumain!
Ils ont asséché la fontaine
Où les belles samaritaines
Nous faisaient boire, en été, l'eau fraîche dans leurs mains
Fraîche dans leurs mains

Ils ont abattu, les vandales
Et sans remords, et sans remords
L'arbre couvert en capitales
De noms d'amants: C'est un scandale!
Les amours mort's n'ont plus de monuments aux morts
Monuments aux morts

L'a fait des affaires prospères
Le ferrailleur, le ferrailleur
En fauchant les vieux réverbères
Maintenant quand on désespère
On est contraint et forcé d'aller se pendre ailleurs
Se pendre ailleurs

Et c'est ce que j'ai fait sur l'heure
Et sans délai, et sans délai
Le coq du clocher n'est qu'un leurre
Une girouette de malheur (e)
Ingrate patrie, tu n'auras pas mes feux follets
Mes feux follets

Que le progrès soit salutaire
C'est entendu, c'est entendu
Mais ils feraient mieux de se taire
Ceux qui dis'nt que le presbytère
De son charme du vieux temps passé n'a rien perdu
N'a rien perdu

El progreso

Que el progreso sea benéfico
Está claro, está claro
Pero mejor harían en callar
Aquellos que dicen que el presbiterio
De su encanto del viejo tiempo no ha perdido nada
No ha perdido nada

Suplantados por remolachas
¡Los hermosos lilas! ¡Los hermosos lilas!
Sin mentir, hay que ser valiente
Astuto para decir con tono grave
Que el jardín del cura conserva todo su esplendor
Todo su esplendor

Entre las torres monumentales
Siempre creciendo, siempre creciendo
Quien busca su hogar natal
Se pierde como en un laberinto
Al mal de patria, ya no hay remedio ahora
Remedio ahora

Es de una malicia cierta
¡Es inhumano! ¡Es inhumano!
Han secado la fuente
Donde las bellas samaritanas
Nos hacían beber, en verano, el agua fresca en sus manos
Fresca en sus manos

Han talado, los vándalos
Y sin remordimientos, y sin remordimientos
El árbol cubierto de capitales
De nombres de amantes: ¡Es un escándalo!
Los amores muertos ya no tienen monumentos a los caídos
Monumentos a los caídos

Hizo negocios prósperos
El chatarrero, el chatarrero
Al segar los viejos faroles
Ahora cuando se desespera
Se ve obligado a ir a ahorcarse en otro lado
A ahorcarse en otro lado

Y eso es lo que hice en el momento
Y sin demora, y sin demora
El gallo del campanario no es más que un engaño
Una veleta de desgracia
Patria ingrata, no tendrás mis fuegos fatuos
Mis fuegos fatuos

Que el progreso sea benéfico
Está claro, está claro
Pero mejor harían en callar
Aquellos que dicen que el presbiterio
De su encanto del viejo tiempo no ha perdido nada
No ha perdido nada

Escrita por: Georges Brassens / Jean Bertola