Le bistro du Kabyle
Tous les copains qu'on retrouvait la nuit
Dans le bistro du Kabyle
Des fois je me demande où ils traînent aujourd'hui
Dans quelle rue de quelle ville
C'était à Montparnasse
Au temps des ruelles et des coins noirs
Y avait pas de terrasse
Son verre on le sifflait au comptoir
Au mur y avait, attends que je me rappelle
Le port d'Alger vu de la mer
Y avait un petit qui rinçait la vaisselle
Il ne parlait que berbère
On se passait en cachette
Dans le creux de la main un peu de gazon
Oum Khalsoum en cassette
Gueulait sure le zinc sous le néon
Y avait un mec qu'inventait des chansons
Pis qu'allait faire fortune
Mimile qui nous faisait le coup de l'accordéon
On lui filait sa thune
Le pinard je m'excuse
Venait de Neuilly, pas d'ailleurs
Le patron qu'avait de la ruse
Était à peine un peu braqueur
Les flics bien sûr vers les trois heures du mat'
Pointaient leurs gueules de nazes
Y en a pas un qui leur tendait la patte
Ou qui lâchaient un blase
Ni les gros de la brocante
Ni le vieux qui pleurait son djebel
Ni les filles méritantes
Qu'attendaient Rachid ou Michel
Tu ris tu dragues tu picoles et voilà
Les belles années qui passent
Note Rue de l'Ouest elle ressemble à ce temps-là
L'a fini à la casse
Celui qu'on appelait Tranquille
L'aurait crevé sur un trottoir
Quant à Féfé et Gilles
Où c'est qu'ils sont? Allez savoir
Le vieux Djamel a cassé son chilom
Il fera plus d'ardoises
Le petit Mohan qui se prenait pour un homme
Est tombé à Pontoise
Z'ont rasé nos impasses
Y a plus de bougnats, même plus de bicots
Ce qu'ils ont mis à la place
C'est pas meilleur, c'est que du nouveau
El bar del Kabyle
Todos los amigos que solíamos encontrar por la noche
En el bar del Kabyle
A veces me pregunto dónde andarán hoy en día
En qué calle de qué ciudad
Era en Montparnasse
En tiempos de callejuelas y rincones oscuros
No había terraza
Su vaso lo vaciábamos en la barra
En la pared había, espera que recuerde
El puerto de Argel visto desde el mar
Había un chico lavando los platos
Solo hablaba bereber
Nos pasábamos en secreto
En la palma de la mano un poco de hierba
Oum Khalsoum en casete
Gritaba sobre el zinc bajo el neón
Había un tipo que inventaba canciones
Y que iba a hacer fortuna
Mimile que nos tocaba el acordeón
Le dábamos su dinero
El vino, perdón
Venía de Neuilly, no de otro lugar
El dueño que era astuto
Apenas era un poco tramposo
Los polis por supuesto hacia las tres de la mañana
Mostraban sus caras de idiotas
Ninguno les tendía la mano
O soltaba un chivato
Ni los grandes del mercado de pulgas
Ni el viejo que lloraba su montaña
Ni las chicas aplicadas
Que esperaban a Rachid o Michel
Te ríes, coqueteas, bebes y ahí están
Los buenos tiempos que pasan
Nuestra calle del Oeste se parece a aquellos tiempos
Terminó en la chatarra
Aquel al que llamaban Tranquilo
Habría muerto en una acera
Y Féfé y Gilles
¿Dónde estarán? Quién sabe
El viejo Djamel rompió su silencio
Ya no hará más cuentas
El pequeño Mohan que se creía un hombre
Cayó en Pontoise
Han derribado nuestras callejuelas
Ya no hay inmigrantes, ni siquiera moros
Lo que han puesto en su lugar
No es mejor, es solo nuevo