La Lettre
Ça ressemble à une lettre d'adieu
Non, elle n'est plus si sûre
Elle me trouve un peu trop vieux
Et pourtant pas assez mûr
Vers la fin elle dit qu'elle m'a aimé souvent
Surtout quand j'étais absent
Je lui manquais jusqu'à mon retour
Est-ce que c'est ça le vrai amour ?
Il y a des mots qui vous ligotent
Les mains et les pieds
Et qui vous jettent au fond d'un gouffre
Avec un boulet
Il y a des mots qui vous rappellent
Qu'on n'a pas voulu tout ça
Il y a des mots qui vous écrasent
Des mégots brûlants sur le bras
Elle me dit qu'on a peut-être fait le tour
Qu'on a vraiment tout essayé
Elle m'écrit que notre amour
A les lacets défaits
C'est la première lettre sans son coeur
D'habitude il s'accroche à chaque mot
Je ne connaissais d'elle que la douceur
Aujourd'hui j'aperçois l'échafaud
C'est la première fois qu'elle parle
De toutes ces années
Qu'elle accroche notre histoire
À un calendrier
C'est la première fois qu'elle pleure
Sur ces trois putain d'étés
Elle compterait presque les jours
Est-ce que c'est ça le vrai amour ?
Et puis elle loue le courage
Qu'il lui a fallu pour me poignarder
Aujourd'hui cette lettre ne me rend pas fou de rage
Non, cette lettre me détruit
Quand elle me dit que notre amour
Est bien trop fatigué
Et qu'il n'est plus que le parfum
D'une rose piétinée
C'est la première lettre sans le sourire
Qui se collait à mon museau
Et que j'aimais lire et relire
Comme un poème de Tickendreau
C'est la première lettre sans le désir
Qui me faisait frissonner les os
La mort vient trop tôt ou trop tard
Mais rarement quand il faut
Bien sûr elle a de plus que moi
Quinze années de moins
C'est pas la même que l'autre fois
Celle qui suçait des petits machins
Non, elle a juste de plus que moi
Quinze années de moins
Rien que de dire ça
J'ai des taches marron sur les mains
Il y a des mots qui vous ligotent
Les mains et les pieds
Et qui vous jettent derrière la porte
La valise même pas fermée
Il y a des mots qui vous rappellent
Qu'on n'a pas voulu tout ça
Il y a des mots qui vous écrasent
Des mégots brûlants sur le bras
Il y a des mots qui vous ligotent
Les mains et les pieds
Et qui vous poussent au fond du précipice
Sans filet
Il y a des mots qui vous rappellent
Qu'on n'a pas voulu tout ça
Il y a des mots qui vous écrasent
Des mégots brûlants sur le bras
La Carta
Parece una carta de despedida
No, ya no está tan segura
Me encuentra un poco viejo
Y sin embargo, no lo suficientemente maduro
Al final dice que me amó a menudo
Sobre todo cuando yo estaba ausente
Me extrañaba hasta mi regreso
¿Es eso el verdadero amor?
Hay palabras que te atan
Las manos y los pies
Y te arrojan al fondo de un abismo
Con una bola de hierro
Hay palabras que te recuerdan
Que no quisimos todo esto
Hay palabras que te aplastan
Colillas ardientes en el brazo
Me dice que tal vez dimos la vuelta
Que realmente lo intentamos todo
Escribe que nuestro amor
Tiene los cordones sueltos
Es la primera carta sin su corazón
Normalmente se aferra a cada palabra
Solo conocía de ella la dulzura
Hoy veo la horca
Es la primera vez que habla
De todos estos años
Que cuelga nuestra historia
En un calendario
Es la primera vez que llora
Por estos tres malditos veranos
Casi cuenta los días
¿Es eso el verdadero amor?
Y luego elogia el coraje
Que le tomó apuñalarme
Hoy esta carta no me vuelve loco de rabia
No, esta carta me destruye
Cuando me dice que nuestro amor
Está demasiado cansado
Y que solo es el perfume
De una rosa pisoteada
Es la primera carta sin la sonrisa
Que se pegaba a mi nariz
Y que me encantaba leer y releer
Como un poema de Tickendreau
Es la primera carta sin el deseo
Que me hacía estremecer los huesos
La muerte llega demasiado pronto o demasiado tarde
Pero rara vez cuando se necesita
Por supuesto, ella tiene más que yo
Quince años menos
No es la misma que la otra vez
La que chupaba pequeñas cosas
No, ella solo tiene más que yo
Quince años menos
Solo con decir eso
Tengo manchas marrones en las manos
Hay palabras que te atan
Las manos y los pies
Y te arrojan detrás de la puerta
La maleta ni siquiera cerrada
Hay palabras que te recuerdan
Que no quisimos todo esto
Hay palabras que te aplastan
Colillas ardientes en el brazo
Hay palabras que te atan
Las manos y los pies
Y te empujan al fondo del precipicio
Sin red
Hay palabras que te recuerdan
Que no quisimos todo esto
Hay palabras que te aplastan
Colillas ardientes en el brazo