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Doctor Freud

Carla Bruni

Docteur Freud

Et l'inconnu dans la maison frappe à la porte du cœur
Il est le maître des lieux, capitaine de la douleur
Il est l'heureux propriétaire de nos désirs, de nos leurres
Il est matière aux premières, à nos cauchemars
À nos cauchemars et à nos peurs

Et l'inconnu dans la maison croit que c'est quelqu'un d'autre
Un intrus, un vagabond, un fâcheux ou un apôtre
Un voleur, un assassin, au secours, on me menace
Il y a chez moi quelqu'un qui va finir
Finir par prendre ma place

Mais ce n'est que soi
Que l'on croise là
On n'est jamais comme l'on croit
Oui ce n'est que soi
Que l'on aperçoit
Au détour d'un miroir
Et soudain, tiens
Le voilà, le voilà, le voilà

Oh l'inconnu dans la maison, c'est en son nom qu'on trébuche
Que l'on en perd la raison, c'est lui qui sème nos embûches
C'est un enfant de mille ans, un vieillard qui botte en touche
On l'aperçoit par beau temps au coin d'un rêve
Au bout d'une langue qui fourche

L'inconnu dans la maison, il voudrait qu'on s'en occupe
Qu'on l'installe dans le salon, qu'on le cajole, qu'on l'écoute
Et plus on veut s'en défaire, plus il nous fait la déroute
Et plus on veut le faire taire, plus il nous hante
À cœur et à cris de ses doutes

Mais ce n'est que soi
Cet inconnu là
On n'est jamais comme l'on croit
Oui ce n'est que soi
Que l'on aperçoit
Au détour d'un miroir
Et soudain, tiens, tiens
Le voilà, nous voilà

Et l'inconnu dans la maison, il nous laisse tout en désordre
Il ouvre fenêtres au vent, déplace et renverse les meubles
C'est un voyou, un tyran, un amateur de discorde
C'est un seigneur, un mendiant, un ingénu
Qui nous maintient sous ses ordres

Et l'inconnu dans la maison est la seule trace d'une âme
Il est la crainte du temps, il est les mots du poème
Il est l'ange et le démon, le sacré et le profane
C'est lui qu'on devrait prier, c'est lui qui tient
C'est lui qui tisse la trame

C'est lui, c'est lui qui tisse la trame
(C'est lui qui tisse la trame)
(C'est lui qui tisse toute la trame)

Doctor Freud

Y el desconocido en la casa llama a la puerta del corazón
Es el maestro del lugar, capitán del dolor
Es el feliz propietario de nuestros deseos, de nuestros engaños
Es materia de los primeros, de nuestras pesadillas
De nuestras pesadillas y de nuestros miedos

Y el desconocido en la casa cree que es alguien más
Un intruso, un vagabundo, un fastidioso o un apóstol
Un ladrón, un asesino, ¡ayuda, me están amenazando!
Hay alguien en mi casa que va a terminar
Terminar por tomar mi lugar

Pero no es más que uno mismo
El que se cruza ahí
Nunca somos como creemos
Sí, no es más que uno mismo
El que se asoma
Al doblar de un espejo
Y de repente, mira
Ahí está, ahí está, ahí está

Oh, el desconocido en la casa, es en su nombre que tropezamos
Que perdemos la razón, es él quien siembra nuestras trampas
Es un niño de mil años, un anciano que juega a desviar
Lo vemos en buen tiempo en la esquina de un sueño
Al final de una lengua que se traba

El desconocido en la casa, quisiera que nos ocupáramos de él
Que lo instaláramos en la sala, que lo acariciáramos, que lo escucháramos
Y cuanto más queremos deshacernos de él, más nos desorienta
Y cuanto más queremos hacerlo callar, más nos atormenta
A gritos y a corazones de sus dudas

Pero no es más que uno mismo
Ese desconocido ahí
Nunca somos como creemos
Sí, no es más que uno mismo
El que se asoma
Al doblar de un espejo
Y de repente, mira, mira
Ahí está, ahí estamos

Y el desconocido en la casa, nos deja todo en desorden
Abre ventanas al viento, mueve y voltea los muebles
Es un bribón, un tirano, un amante de la discordia
Es un señor, un mendigo, un ingenuo
Que nos mantiene bajo sus órdenes

Y el desconocido en la casa es la única huella de un alma
Es el temor del tiempo, es las palabras del poema
Es el ángel y el demonio, lo sagrado y lo profano
Es a él a quien deberíamos rezar, es él quien sostiene
Es él quien teje la trama

Es él, es él quien teje la trama
(Es él quien teje la trama)
(Es él quien teje toda la trama)

Escrita por: Carla Bruni