La Trentaine
C'est pas à pas qu'on avance
Sur les chemins de la vie
On frôle à peine l'enfance
Que déjà elle s'enfuit
Sans y prêter d'importance
Aux limites des enfers
Forts de notre adolescence
On fait feu des quatre fers
Jeunesse et intolérance
Pour un temps marchent de pair
Et tout se teinte de vert
Vont les jours et les semaines
Le printemps gronde en nos veines
On est loin de la trentaine
Buvant nos métamorphoses
Vagabonds du jour le jour
On cueille la fleur éclose
Avec les dents de l'amour
La fortune se propose
Nos lits sont pleins jusqu'au bord
Bienheureux pour qui la rose
N'offre aucune épine encore
On ne voit et vit les choses
Qu'aux cris de nos corps à corps
Sans regrets et sans remords
Les mois aux années s'enchaînent
L'insouciance est seule en scène
On est loin de la trentaine
Quand l'angoisse nous agite
Aux portes de l'inconnu
Négligeant la marguerite
On effeuille un temps perdu
Un temps qu'est toujours en fuite
Qui joue les filles de l'air
Un temps qui se précipite
Sans un regards en arrière
Et va de plus en plus vite
Et roule à tombeau ouvert
Faisant pleurer nos hiers
C'est l'adieu à la vingtaine
On descend à la prochaine
Pour rentrer dans la trentaine
La Trentena
No es paso a paso que avanzamos
En los caminos de la vida
Apenas rozamos la infancia
Que ya se escapa
Sin prestarle importancia
A los límites del infierno
Fuertes en nuestra adolescencia
Corremos a toda velocidad
Juventud e intolerancia
Por un tiempo van de la mano
Y todo se tiñe de verde
Van los días y las semanas
La primavera ruge en nuestras venas
Estamos lejos de la treintena
Bebiendo nuestras metamorfosis
Vagabundos de día en día
Recogemos la flor abierta
Con los dientes del amor
La fortuna se presenta
Nuestras camas rebosan
Afortunados aquellos para quienes la rosa
Aún no ofrece espinas
Solo vemos y vivimos las cosas
En los gritos de nuestros cuerpos
Sin arrepentimientos ni remordimientos
Los meses se encadenan a los años
La despreocupación es la única en escena
Estamos lejos de la treintena
Cuando la angustia nos agita
En las puertas de lo desconocido
Descuidando la margarita
Deshojamos un tiempo perdido
Un tiempo que siempre está huyendo
Que juega a las escondidas
Un tiempo que se precipita
Sin mirar atrás
Y va cada vez más rápido
Y rueda a toda velocidad
Haciendo llorar nuestros ayeres
Es la despedida de los veinte
Descendemos a la próxima
Para entrar en la treintena