Du thé de Chine ou de Ceylan
Etait-ce du thé de Chine ou du thé de Ceylan
Que je buvais alors en t'attendant ?
Dans ce vieux pub anglais bien au nord de Mayfair
Je ne m'en souviens plus je ne m'en souviens guère
La radio annonçait la dernière offensive
Et j'attendais en vain au bord de la Tamise
Ce bateau bien trop vieux qui n'arrivait pas
Je ne t'ai pas revue et l'on ne savait pas
Les Anglais racontaient que la trêve était proche
Ils avaient de l'espoir jusqu'au fond de leurs poches
Tandis que je tissais la toile de l'ennui
Dans un imperméable aux couleurs de la pluie
Tu n'es jamais venue je me souviens très bien
D'avoir jeté mes clefs dans l'herbe d'un jardin
Et je marchais la nuit au milieu de la joie
La guerre était finie - ça n'm'intéressait pas
Je fus rapatrié par un avion des forces
Avec des Parisiens, des Normands et des Corses
Qui brandissaient d'un coeur le drapeau de la paix
Et j'étais seul au monde - personne ne savait
J'ai retrouvé mon père, ma mère et ma maison
Les tickets et les cartes d'alimentation
Et on faisait la queue pour la viande et le pain
Mais je ne mangeais pas, mais je n'avais pas faim
Est-ce du thé de Chine ou du thé de Ceylan
Que je bois chaque jour quand je pense à ce temps ?
J'y réserve toujours un coin de mes journées
Et les gens qui me voient disent que j'aime... le thé
Té chino o de Ceilán
¿Era té chino o té de Ceilán
Que bebía mientras te esperaba?
En este viejo pub inglés al norte de Mayfair
Ya no lo recuerdo, apenas lo recuerdo
La radio anunciaba el último ataque
Y yo esperaba en vano a orillas del Támesis
Ese barco demasiado viejo que no llegaba
No te vi de nuevo y no se sabía
Los ingleses decían que la tregua estaba cerca
Tenían esperanza hasta en el fondo de sus bolsillos
Mientras yo tejía la tela del aburrimiento
En un impermeable de colores de lluvia
Nunca viniste, lo recuerdo muy bien
Haber arrojado mis llaves en la hierba de un jardín
Y caminaba de noche en medio de la alegría
La guerra había terminado, no me importaba
Fui repatriado en un avión de las fuerzas
Con parisinos, normandos y corsos
Que agitaban con fervor la bandera de la paz
Y estaba solo en el mundo, nadie sabía
Encontré a mi padre, mi madre y mi casa
Los tickets y las tarjetas de racionamiento
Y hacíamos fila para la carne y el pan
Pero no comía, pero no tenía hambre
¿Es té chino o té de Ceilán
Que bebo cada día cuando pienso en aquel tiempo?
Siempre reservo un rincón de mis días para ello
Y la gente que me ve dice que amo... el té