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Mi Pomelo

Maurice Chevalier

Ma Pamplemousse

Elle avait l'air candide, la démarche timide,
Avec ça deux grands yeux bleus !
Quelqu'un l'avait en douce baptisée Pamplemousse
On n'a, ma foi, jamais bien su pourquoi

Dès que je la connus, sitôt elle me plut
Ma Pamplemousse pour sa frimousse
N'attendis pas un mois pour lui faire chez moi
Une vie douce, pleine de joie
Elle y vivait sereine, choyée comme une reine
Telle une châtelaine, elle avait tous les droits
Bref, nous vivions heureux sans qu'il y eut mon Dieu !
La moindre scène entre nous deux

Mais le bonheur sur Terre est souvent éphémère
Le cœur le plus aimant ment !
Un soir le coup fut rude, rentrant comme d'habitude
Pour le repas, je ne la trouvais pas.

Alors, sans me coucher, toute la nuit j'ai cherché
Ma Pamplemousse gentille et douce
Et je fus atterré lorsque les policiers
Mis à ses trousses, vinrent déclarer
Qu'ils avaient, oh ! tristesse ! aperçu la traîtresse
Savourant les ivresses d'un amour passionné
Mais quand elle est rentrée, l'air tout désemparé
L'œil en détresse, j'ai pardonné !

L'infortunée petite dut endosser les suites
Cruelles de son écart car !
Bientôt, surprise amère, elle est devenue mère
Ce fut pour moi un douloureux émoi

Fallait-il pour cela que je fasse un éclat,
Que je repousse ma Pamplemousse ?
Dès qu'elle mit au jour le fruit de ses amours
Je les pris tous et pour toujours !
La maison en est pleine, ils sont -ces phénomènes-
Une demi-douzaine qui font pipi partout !
...Car pour vous dire tout, Pamplemousse, entre nous,
C'est ma p'tite chienne dont je suis fou !

Mi Pomelo

Tenía una apariencia inocente, con paso tímido,
Y esos dos grandes ojos azules!
Alguien en secreto la bautizó como Pomelo
Nunca supimos bien por qué

Tan pronto la conocí, me encantó de inmediato
Mi Pomelo por su carita
No esperé ni un mes para llevarla a mi casa
Una vida dulce, llena de alegría
Ella vivía serena, mimada como una reina
Como una señora feudal, tenía todos los derechos
En resumen, vivíamos felices sin tener, Dios mío!
Ni una sola pelea entre nosotros dos

Pero la felicidad en la Tierra a menudo es efímera
¡El corazón más amoroso miente!
Una noche el golpe fue duro, al regresar como de costumbre
Para la cena, no la encontraba

Entonces, sin acostarme, toda la noche la busqué
Mi amable y dulce Pomelo
Y me quedé atónito cuando los policías
Puestos en su rastro, vinieron a declarar
Que habían, ¡oh! tristeza! visto a la traidora
Disfrutando de las delicias de un amor apasionado
Pero cuando regresó, con una mirada desolada
El ojo angustiado, ¡le perdoné!

La desafortunada pequeña tuvo que enfrentar las consecuencias
Cruelmente de su desliz
Pronto, amarga sorpresa, se convirtió en madre
Fue para mí un doloroso sobresalto

¿Debía por eso armar un escándalo,
Rechazar a mi Pomelo?
Tan pronto dio a luz al fruto de sus amores
Los tomé a todos y para siempre!
La casa está llena de ellos, son -estos fenómenos-
Media docena que hacen pipí por todas partes!
...Por decirles todo, Pomelo, entre nosotros,
Es mi pequeña perra de la que estoy loco!

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