Été Triste
On paye le voyage au cadavre
Sac de couchage sur la plage
J’te prends en stage dans mon gang
Ton prénom coule dans mon sang
M’sieur l’agent, j’vends la Kush
L’argent coule dans ma poche
Ils m’trouveront pas dans ma cachette
Coupe la pastèque à la machette
On achève bien les chevaux
Glisse mon arme dans tes cheveux
Monte sur mon dos comme un paresseux
Baignade en mer par temps neigeux
On tue l’temps par pendaison
Là où j’vais y’a pas d’réseau
Des jolis crabes dans l’seau
J’vous emmerde et j’rentre à ma maison
Et dans ce torrent de violence j’emporte avec moi
Tous les artistes de mon baladeur MP3
Mes carnets, mes écrits, mes rêves, mes cauchemars
Le mépris, la parole, la misère, les histoires
Une télé allumée, des grands-parents muets
Les vêtements délavés, la neige à Noël
La solitude du mois d’août, les parents divorcés
Et les allers-retours, et les allers-retours, et les allers-retours
Et les allers-retours entre la plage et ma femme
Le bendo et la casa
Survole la Terre comme la NASA
J’trie mes billets par couleur
Si j’gagne, c’est toi qui pars
Mélodie mortelle, prête un écouteur
Tout s’paye, ne l’oublie pas
La naïveté dans son bonheur
La vérité et sa douleur
J’fabrique une cabane sur la plage
J’pense à des corps, j’en oublie les visages
Le bruit d’un suicide puis le silence
Le froid du Uzi contre ma hanche
Dans les roseaux, le sifflement du vent
Un couteau dans ma poche pendant l’état d’urgence
En été, le sommet d'la montagne enneigée
Elle s’réveille en tee-shirt et cheveux emmêlés
Mes parents méritent mieux qu’un loyer modéré
J'les fuck tous et j’repars, l’air de rien
T’étais heureuse, pourquoi tu me l’as pas dit ?
J’paye le voyage à mes sous pour la Suisse
En bas, ça tire sur des joints d'shit à fond
Tant qu’il y aura du malheur, y’aura d’l’inspiration
J’peux pas t’laisser partir dehors, il fait trop froid
J’préfère le ciel, la nuit, la pleine lune, les étoiles
Comment c’est loin, prend tes jambes à ton cou
Ici et là, on se retrouve
J’t'ai pas rappelée, mais j't’ai pas oubliée
Fais tourner la manette à la fin d’la partie
Éclaire le bout du tunnel, j’hypnotise mon petit monde
Saut de l’ange au bout du pont
Les démons au bout des lèvres, ma balance, ma calculette
Roule le cadavre dans la serviette
Avant d’te tuer j’te dis : « Qu’est-ce que t’es belle »
J’me tire vers ma crique (on s’reverra plus)
À chaque pas une nouvelle marche
Tu m’as sali, donc j’me détache
Merci, de rien, lâche-moi la main
Poursuis ma route en sac à dos
Ma condition, tous mes cadeaux
D’été en hiver, pas un rayon
P’t’être j’en rajoute, j’en ai plus rien à foutre
J’fais et j’refais les cents pas
On s’mélange au paysage
Descends la dune en Vélib’
Oublie les thunes, on est libres
Des grains d'sable dans l'canon du fusil, un grain d’beauté sur sa fesse
Elle m’dit qu’on est amis, t’as cru qu’ça m’intéresse ?
On baise où tu veux
D'vant la mer, on devient vieux
Y’a trop d’personnes qui m’doivent des sous
Elle était bonne, mais je m’en fous
On est venus en taxi, on repart à la nage
On a quitté la ville pour vivre sur la plage
On joue à cache-cache avec les gens
J’me tatoue pour faire passer le temps
L’amour est d’passage
Il t'aime car t'avales
Un cauchemar où je travaille
J’veux plus répondre aux messages
Jette ton portable à la poubelle
J’fais plus les même erreurs
Non, j’veux en faire des nouvelles
J’pense que j’lui plais
L’argent panse les plaies
On fait l’amour sous l’tonnerre
J’marque du poteau d’corner
Arrête de crier, personne vient t'chercher
Promis on s’tue avant d’se faire chier un mois d’août
En plein hiver on laisse nos rêves dans la poussière
Dans la poussière, dans la poussière...
Verano Triste
Se paga el viaje al cadáver
Saco de dormir en la playa
Te tomo en práctica en mi pandilla
Tu nombre corre por mis venas
Señor agente, vendo la Kush
El dinero fluye en mi bolsillo
No me encontrarán en mi escondite
Corto la sandía con el machete
Se sacrifican bien los caballos
Deslizo mi arma en tus cabellos
Monta en mi espalda como un perezoso
Baño en el mar con tiempo nevado
Matamos el tiempo por ahorcamiento
Donde voy no hay red
Lindos cangrejos en el mar
Les mando a la mierda y regreso a casa
Y en este torrente de violencia me llevo conmigo
A todos los artistas de mi reproductor MP3
Mis cuadernos, mis escritos, mis sueños, mis pesadillas
El desprecio, la palabra, la miseria, las historias
Una tele encendida, abuelos mudos
Ropa descolorida, nieve en Navidad
La soledad de agosto, padres divorciados
Y los idas y vueltas, y los idas y vueltas, y los idas y vueltas
Y los idas y vueltas entre la playa y mi mujer
El bando y la casa
Sobrevuela la Tierra como la NASA
Clasifico mis billetes por color
Si gano, tú te vas
Melodía mortal, presta un auricular
Todo se paga, no lo olvides
La ingenuidad en su felicidad
La verdad y su dolor
Construyo una cabaña en la playa
Pienso en cuerpos, olvido los rostros
El ruido de un suicidio y luego el silencio
El frío del Uzi contra mi cadera
En los juncos, el silbido del viento
Un cuchillo en mi bolsillo durante el estado de emergencia
En verano, la cima de la montaña nevada
Ella se despierta en camiseta y cabello enredado
Mis padres merecen más que un alquiler moderado
A todos les mando a la mierda y me voy, como si nada
Estabas feliz, ¿por qué no me lo dijiste?
Pago el viaje con mis ahorros a Suiza
Abajo, fuman porros hasta quedar drogados
Mientras haya desgracia, habrá inspiración
No puedo dejarte salir afuera, hace demasiado frío
Prefiero el cielo, la noche, la luna llena, las estrellas
Qué lejos está, corre por tus piernas
Aquí y allá, nos encontramos
No te llamé, pero no te olvidé
Gira el mando al final del juego
Ilumina el final del túnel, hipnotizo mi pequeño mundo
Salto de ángel al final del puente
Los demonios en los labios, mi balanza, mi calculadora
Envuelvo el cadáver en la toalla
Antes de matarte te digo: 'Qué bella eres'
Me alejo hacia mi cala (no nos veremos más)
Cada paso una nueva escalera
Me ensuciaste, así que me desprendo
Gracias, de nada, suéltame la mano
Sigo mi camino con mochila
Mi condición, todos mis regalos
De verano a invierno, ni un rayo
Quizás exagero, ya no me importa
Hago y rehago los cien pasos
Nos mezclamos con el paisaje
Baja la duna en bicicleta pública
Olvida el dinero, somos libres
Granos de arena en el cañón del fusil, un lunar en su trasero
Ella dice que somos amigos, ¿creíste que me importa?
Hacemos el amor donde quieras
Frente al mar, envejecemos
Hay demasiadas personas que me deben dinero
Era buena, pero me da igual
Vinimos en taxi, nos vamos nadando
Dejamos la ciudad para vivir en la playa
Jugamos al escondite con la gente
Me tatúo para pasar el tiempo
El amor es pasajero
Te quiere porque te tragas
Una pesadilla donde trabajo
No contesto más mensajes
Tira tu celular a la basura
No cometo los mismos errores
No, quiero cometer nuevos
Creo que le gusto
El dinero cura las heridas
Hacemos el amor bajo el trueno
Marco desde el poste de córner
Deja de gritar, nadie vendrá a buscarte
Prometo que nos matamos antes de aburrirnos en agosto
En pleno invierno dejamos nuestros sueños en el polvo
En el polvo, en el polvo...