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¡Oh! Bravo

Cordy Annie

Oh ! Bravo

La guerre, un petit matin, on cogne à la vitre
Un cri "Debout la putain, fais ta valise et vite !"
Dehors l'aurore de juillet grouillait de flics
Mon Dieu, mon Dieu, ces Français plus pourris que les Fritz
Ils nous ont parqués au Vélodrome
Le soleil crachait sur Israël
Et, dans les gradins, nos étoiles jaunes
Qui faisaient honte au ciel

Du Vel d'Hiv jusqu'aux bus et des bus aux wagons,
Des wagons jusqu'aux camps : Terminus

Et pourtant, moi, la mort, j'en suis revenue
Et comment on s'en sort ? Je ne sais pas, je ne sais plus
Mais je suis là, je suis là et bien là !

Ah bravo, bravo, j'existe, je persiste à exister
Je suis bonne, je m'abonne ce soir à l'éternité
Donnez-moi des tonnes de sourires d'enfants
Et des hommes taillés dans des volcans

Ah bravo, bravo, et pardon si parfois j'y pense encore
J'ai baisé ces fils de putes et je leur crache au mirador
Ce mâtin du diable, ce chien autrichien :
Je l'emmerde dans son enfer chrétien !

Ah bravo, bravo, je vous jure que je ne vous oublierai pas
De mon étoile jaune là-haut, je veillerai sur vous en bas
Pleurez pas, mes chéris, sur ma terre promise
J'aurai votre amour dans ma valise

Du Vel' d'Hiv' jusqu'aux bus, et des bus aux wagons,
Des wagons jusqu'aux camps : Terminus
J'ai fait partie des veinards, de ces sacrés veinards
Qui ont revu leur gare

Ah bravo, bravo, tu as beau me tatouer un numéro,
J'ai tiré le bon et crève !
C'est moi qui ai eu ta peau
Je survis aux fanfares, à Lili Marlène
Je suis grasse, j'ai cent ans et je m'aime !

¡Oh! Bravo

La guerra, una mañana temprano, golpean en la ventana
Un grito '¡Levántate, maldita, haz tu maleta y rápido!'
Afuera el amanecer de julio estaba lleno de polis
Dios mío, estos franceses más podridos que los Fritz
Nos amontonaron en el Velódromo
El sol golpeaba a Israel
Y, en las gradas, nuestras estrellas amarillas
Que avergonzaban al cielo

Del Velódromo de Invierno a los autobuses y de los autobuses a los vagones,
De los vagones a los campos: Terminal

Y sin embargo, yo, de la muerte, he regresado
¿Y cómo se sale de esto? No sé, ya no sé
Pero aquí estoy, aquí estoy y bien presente

¡Ah bravo, bravo, existo, persisto en existir
Soy buena, me suscribo esta noche a la eternidad
Denme toneladas de sonrisas de niños
Y hombres esculpidos en volcanes

¡Ah bravo, bravo, y perdón si a veces aún lo pienso
He besado a esos hijos de p*** y les escupo en el mirador
Esa mañana del diablo, ese perro austriaco:
¡Lo mando al diablo en su infierno cristiano!

¡Ah bravo, bravo, les juro que no los olvidaré
Desde mi estrella amarilla allá arriba, velaré por ustedes aquí abajo
No lloren, mis amores, en mi tierra prometida
Tendré su amor en mi maleta

Del Velódromo de Invierno a los autobuses, y de los autobuses a los vagones,
De los vagones a los campos: Terminal
Fui parte de los afortunados, de esos malditos afortunados
Que volvieron a ver su estación

¡Ah bravo, bravo, puedes tatuarme un número,
¡He sacado la buena y muero!
Soy yo quien ha tenido tu piel
Sobrevivo a las fanfarrias, a Lili Marlène
Estoy gorda, tengo cien años ¡y me amo!

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