Un jour de moins
Coule, goutte d'océan, coule,
Roule sur la courbe de mes joues.
Noyée dans tes vapeurs de liesses,
Ou serrée dans l'étau de ma tristesse.
Mais coule, goutte d'océan, coule,
Coule sur le temps qui s'enroule
Voyage au gré des grandes détresses,
Nage sur les bonheurs que l'on caresse.
Encore un jour, ou plutôt un jour de moins,
Un peu plus sage et encore plus sage demain.
Mais toujours ce sentiment lourd
De n'avoir pas le temps de faire le tour.
Encore un jour, et peut être l'ultime,
Ou bien le jour, le jour le plus sublime.
Mais toujours ce sentiment lourd
De n'avoir pas donné assez d'amour.
Le temps vaut de l'or, le temps vaut même bien plus,
La vie s'évapore bien avant d'avoir tout vu.
Qu'elle s'élance vers les plus hautes vertus,
Ou qu'elle s'écrase lâchée du plus haut des nues.
Evidemment, ça nous pèse sur la carcasse,
Evidement, notre quête n'est qu'une impasse,
Puisse-t-elle être portée au pinacle
Par son chien, sa famille ou les prophéties d'un oracle.
Avant mon dernier cri, avant que mon coeur s'arrête,
J'aimerais voir de mon lit un linceul de jour de fête
Brodé d'histoire en dentelles,
De fils de vie, de plaisirs éternels.
Un día menos
Fluye, gota de océano, fluye,
Rueda por la curva de mis mejillas.
Ahogada en tus vapores de alegría,
O apretada en la trampa de mi tristeza.
Pero fluye, gota de océano, fluye,
Fluye sobre el tiempo que se enrolla
Viaja al ritmo de las grandes angustias,
Nada sobre las alegrías que acariciamos.
Otro día, o más bien un día menos,
Un poco más sabio y aún más sabio mañana.
Pero siempre este sentimiento pesado
De no tener tiempo para dar la vuelta.
Otro día, y tal vez el último,
O quizás el día, el día más sublime.
Pero siempre este sentimiento pesado
De no haber dado suficiente amor.
El tiempo vale oro, el tiempo vale incluso más,
La vida se evapora mucho antes de haberlo visto todo.
Ya sea que se lance hacia las virtudes más altas,
O que se estrelle al caer desde lo más alto de las nubes.
Obviamente, nos pesa en el cuerpo,
Obviamente, nuestra búsqueda es solo un callejón sin salida,
Que sea llevada al pináculo
Por su perro, su familia o las profecías de un oráculo.
Antes de mi último aliento, antes de que mi corazón se detenga,
Me gustaría ver desde mi lecho un sudario de día de fiesta
Bordado con historias en encaje,
De hilos de vida, de placeres eternos.
Escrita por: Christophe Bastien / DSLZ