395px

Compasión por el cantante

Debronckart Jacques

Pitié pour le chanteur

Pitié pour le chanteur qui vous livre sa vie
Il est dans votre main ne serrez pas trop fort
D'avance pardonnez ses folies, ses furies
Pour lui, le grand problème est d'habiter son corps
Pitié pour le chanteur qui murmure "Je t'aime"
Et qui voudrait vous dire "Inconnus, aimez-moi"
Il a trahi, vendu tout le monde et lui-même
Il veut qu'on lui pardonne, il ne sait plus bien quoi
Il ne sait plus bien quoi,
Il ne sait plus

Il fait le doux, le fier, le malin, le candide
Plus il joue les vainqueurs plus il se sait cocu
Il fait sonner sa voix dans son église vide
Ses yeux brûlés regardent un horizon perdu
Pitié, pitié, c'est vous qui parlez par sa bouche
Reconnaissez votre âme en ce miroir tendu
Ouvrez vos écoutilles, que ses mots fassent mouche
Que sa tendresse coule en vos cœurs mis à nu
En vos cœurs mis à nu,
En vos cœurs mis

Il est coq de combat et taureau dans l'arène
Mais seul sans adversaire et sans toréador
De mille banderilles il se pique lui-même
Il hume avec délice le parfum de sa mort
Son rêve inavoué "tomber en pleine scène"
Plutôt que de pourrir au fond de l'Hôtel-Dieu
Monsieur son assassin, aiguise bien ta haine
A sa dernière chanson, tire entre les deux yeux
Tire entre les deux yeux,
Tire entre les

En attendant ce jour sanglant et magnifique
Entr'ouvrez votre bourse et donnez-lui dix francs
Son merveilleux métier le laisse famélique
Toutes les nuits milord, tous les matins mendiant,
Qu'il chante pour trois sous, qu'il frise la fortune
La peur au ventre il court sur le fil du rasoir
Il veut rester sincère, il veut être à la une
Il a soif de sublime, il s'exhibe à la foire
Il s'exhibe à la foire,
Il s'exhibe à

Pitié pour le chanteur qui vous livre sa vie.

Compasión por el cantante

Compasión por el cantante que te entrega su vida
Está en tus manos, no aprietes demasiado fuerte
De antemano, perdona sus locuras, sus furias
Para él, el gran problema es habitar su cuerpo
Compasión por el cantante que susurra 'Te amo'
Y que quisiera decirles 'Desconocidos, ámenme'
Ha traicionado, vendido a todos y a sí mismo
Quiere que le perdonen, ya no sabe muy bien qué
Ya no sabe muy bien qué,
Ya no sabe

Él actúa dulce, orgulloso, astuto, ingenuo
Mientras más se hace el vencedor, más sabe que es un cornudo
Hace resonar su voz en su iglesia vacía
Sus ojos quemados miran un horizonte perdido
Compasión, compasión, son ustedes quienes hablan a través de su boca
Reconozcan su alma en este espejo tendido
Abran sus oídos, que sus palabras den en el blanco
Que su ternura fluya en sus corazones al descubierto
En sus corazones al descubierto,
En sus corazones

Es un gallo de pelea y un toro en la arena
Pero solo, sin adversario y sin torero
Se clava mil banderillas a sí mismo
Huele con deleite el aroma de su muerte
Su sueño inconfesable 'caer en pleno escenario'
En lugar de pudrirse en el fondo del Hôtel-Dieu
Señor su asesino, afila bien tu odio
En su última canción, dispara entre los dos ojos
Dispara entre los dos ojos,
Dispara entre los

Mientras espera ese día sangriento y magnífico
Abre tu billetera y dale diez francos
Su maravilloso oficio lo deja hambriento
Todas las noches, milord, todas las mañanas, mendigando
Que cante por tres monedas, que roce la fortuna
Con miedo en el vientre, corre sobre el filo de la navaja
Quiere seguir siendo sincero, quiere estar en primera plana
Tiene sed de lo sublime, se exhibe en la feria
Se exhibe en la feria,
Se exhibe en

Compasión por el cantante que te entrega su vida.

Escrita por: