Je m'en vais léger
Au fond de mon jardin secret, j'ai mis
Ce qui en moi, comme un regret, gémit
J'y ai rangé tous les râteaux qu'j'ai pris
De ceux qu'on s'ramasse aussitôt épris
Et je nourris dans leur clapier
Tous les lapins qu'on m'a posés
Au fond de mon jardin secret, je cache
Tout de que j'ai pu ramasser comme bâches
Les doigts dans l'œil et les blessures d'orgueil
Et de l'absence, la morsure, le deuil
Tous les trottoirs que j'ai mangés
Tous les murs que j'ai rasés
Je m'en vais léger, la la la la la {x2}
J'ai mis les pelles que j'ai roulées l'été
A côté des bateaux qu'on m'a montés
Toutes les couleuvres que j'ai avalées
Mes plus beaux chefs d'œuvre inachevés
Le temps perdu que j'ai vendu
Les trains ratés, ceux que j'ai eus
Au fond de mon jardin secret, je case
Dans un grand cahier et en quelques phrases
Le journal d'une vie ordinaire qui passe
Les p'tits malheurs d'hier qui laissent des traces
Mes jeux d'échecs, mes tasses bues
Je n'en parlerai plus
Je m'en vais léger, la la la la la {x2}
Au fond de mon jardin secret, j'ai mis
Ce qui en moi, comme un regret, gémit
Le journal d'une vie ordinaire qui passe
Les p'tits malheurs d'hier qui laissent des traces
Mes jeux d'échecs, mes tasses bues
Je n'en parlerai plus
Voy a dejar la luz
En el fondo de mi jardín secreto, puse
Lo que en mí, como un arrepentimiento, gime
Puse en él todos los rastrillos que tomé
De los que recoges inmediatamente en el amor
Y me alimento en su cabaña
Todos los conejitos que he tenido sexo
En el fondo de mi jardín secreto, me escondo
Todo lo que he podido recoger como lonas
Dedos en el ojo y heridas de orgullo
Y de la ausencia, morder, luto
Todas las aceras que he comido
Todas las paredes que he afeitado
Estoy dejando la luz, la la la la la la la la la la la la la {x2
Puse las palas que enrollé en el verano
Al lado de los barcos que me han puesto
Todas las serpientes que me tragué
Mis obras maestras más bellas sin terminar
El tiempo perdido que vendí
Los trenes fallidos, los que tengo
En el fondo de mi jardín secreto, estoy
En un cuaderno grande y en pocas frases
El diario de una vida ordinaria que pasa
Pequeñas desgracias de ayer que dejan huellas
Mis juegos de ajedrez, mis copas borrachas
No hablaré más de eso
Estoy dejando la luz, la la la la la la la la la la la la la {x2
En el fondo de mi jardín secreto, puse
Lo que en mí, como un arrepentimiento, gime
El diario de una vida ordinaria que pasa
Pequeñas desgracias de ayer que dejan huellas
Mis juegos de ajedrez, mis copas borrachas
No hablaré más de eso