Balkanski tango
Ovaj zivot je san, mala kuca kraj rampe, snop zuckaste lampe i zalihe tuge,
Nazalost, ruzan san: cale notorni smuk, keva s daskom za luk, manekeni za jad.
Sve je morao sam, prst na orozu lagan, a u srcu uragan i skok preko duge.
Brod, sleper, i sa 22-e vec je imao sve, nju je video tad...
Lud sam za tobom pace, ali lud sam i onako, trazim te otkako za sebe znam,
Budi moj ortak mace, nije mi lako da svu tu silnu lovu razbucam sam.
Nesto sam nacuo da sutra mozda ne postojim, pa bolje da odmah probamo sve.
Za sitan gros kupi me, razmazi te divlje kupine.
Lud sam za tobom, ali ovo jeste vreme ludih, i ja cu za nas osedlati strah,
A ti me ljubi do zla, dok ne izgubim dah.
A ona, seoski krin, nocni bus iz Provanse, miss nikakve sanse, tek statista srece,
Presecen film, cale prosvetni mis, keva izlizan plis, sestra ruzna ko vrag.
On je bio njen tip. Prve noci u dvosed, pa druge na trosed, a trece, eh, trece...
Ma nek puknu svi, kad je njen mladi Don spusti pravo na tron, kao visnju na slag.
Lud sam za tobom pace, ali lud sam i onako, trazim te otkako za sebe znam,
Budi moj ortak maee, nije mi lako da svu tu silnu lovu razbucam sam.
Nesto sam nacuo da sutra mozda ne postojim, pa bolje da odmah probamo sve.
Za sitan gros kupi me, razmazi te divlje kupine.
Lud sam za tobom, ali ovo jeste vreme ludih, i ja cu za nas osedlati strah,
A ti me ljubi do zla, dok ne izgubim dah.
Opet lo¹ "deja vu", jutro mokro ko ribar i profi kalibar, pocinilac neznan,
U citulji pune stranice dve; mafija i DB slozno zale za njim.
Balkanski tango uvek zavrsi na trotoaru, djavo je kredom upisao bod,
A ona lagano niz ulicu staru, trazeci sponzora punog ko brod.
Dok klatno tasnice u ritmu hoda broji vreme i dok je merkaju ko svezi but,
U beli prah smrvi dan i mrmlja refren odnekud znan:
Lud sam za tobom, ali ovo jeste vreme ludih, i ja cu za nas osedlati strah,
A ti me ljubi do zla, dok ne izgubim dah
Tango des Balkans
Cette vie est un rêve, petite maison près de la rampe, un faisceau de lampes jaunes et des réserves de tristesse,
Hélas, un rêve moche : papa, le notoire serpent, maman avec une planche pour l'arc, des mannequins pour la misère.
J'ai dû tout faire, doigt sur la gâchette léger, et dans le cœur un ouragan et un saut au-dessus de l'arc-en-ciel.
Bateau, remorqueur, et à 22 ans, il avait déjà tout, il l'a vue alors...
Je suis fou de toi, ma belle, mais je suis fou de toute façon, je te cherche depuis que je me souviens,
Sois mon pote, ma chérie, c'est pas facile de dépenser tout ce fric tout seul.
J'ai entendu dire que demain je ne serais peut-être plus là, alors autant qu'on essaie tout de suite.
Pour quelques sous, achète-moi, gâte-moi avec des mûres sauvages.
Je suis fou de toi, mais c'est le temps des fous, et je vais seller la peur pour nous,
Et toi, embrasse-moi jusqu'à la mort, jusqu'à ce que je perde mon souffle.
Et elle, le lys du village, le bus de nuit de Provence, miss aucune chance, juste une figurante du bonheur,
Film coupé, papa, le rat de bibliothèque, maman, le velours usé, sœur, laide comme le diable.
Il était son type. Les premières nuits sur un canapé, puis les deuxièmes sur un divan, et la troisième, eh, la troisième...
Qu'ils explosent tous, quand son jeune Don la pose directement sur le trône, comme une cerise sur la crème.
Je suis fou de toi, ma belle, mais je suis fou de toute façon, je te cherche depuis que je me souviens,
Sois mon pote, ma chérie, c'est pas facile de dépenser tout ce fric tout seul.
J'ai entendu dire que demain je ne serais peut-être plus là, alors autant qu'on essaie tout de suite.
Pour quelques sous, achète-moi, gâte-moi avec des mûres sauvages.
Je suis fou de toi, mais c'est le temps des fous, et je vais seller la peur pour nous,
Et toi, embrasse-moi jusqu'à la mort, jusqu'à ce que je perde mon souffle.
Encore ce mauvais "déjà vu", matin humide comme un pêcheur et pro au calibre, auteur inconnu,
Dans l'épitaphe, deux pages pleines ; la mafia et la police pleurent ensemble pour lui.
Le tango des Balkans finit toujours sur le trottoir, le diable a inscrit un point à la craie,
Et elle, lentement dans la vieille rue, cherchant un sponsor aussi plein qu'un bateau.
Pendant que le balancier de son sac compte le temps au rythme de sa marche et qu'ils la regardent comme une cuisse fraîche,
Dans la poudre blanche, le jour se brise et murmure un refrain d'un endroit connu :
Je suis fou de toi, mais c'est le temps des fous, et je vais seller la peur pour nous,
Et toi, embrasse-moi jusqu'à la mort, jusqu'à ce que je perde mon souffle.